Publié le 15 décembre 2019

ENVIRONNEMENT

L’accord final de la COP25 ne laisse rien présager de bon pour répondre à l’urgence climatique

La conférence climat de l'ONU qui s'est terminée dimanche n'a pas été à la hauteur de l'urgence climatique, adoptant un accord a minima sans s'entendre sur des points essentiels en raison des réticences de certains Etats. L'accord final ne permet pas d'avancer sur des sujets essentiels comme le déploiement de règles sur les marchés carbone.

COP25 presidence chilienne UNCC
La COP25 de 2019 était sous présidence chilienne.
@UNCC

Au terme de deux semaines de négociations difficiles, la conférence organisée à Madrid a échoué à trouver un accord sur les règles des marchés carbone internationaux, dernier volet du manuel d'utilisation de l'Accord de Paris de 2015.

Après une année marquée par des catastrophes climatiques tout azimut, les appels vibrants de millions de jeunes descendus dans la rue derrière la jeune Suédoise Greta Thunberg, et des rapports scientifiques toujours plus glaçants, les quelque 200 signataires de l'Accord de Paris étaient sous une pression sans précédent pour cette COP25.

Mais au terme de cette conférence qui a débordé de plus de 40 heures son programme initial, tout le monde n'a pas vu dans les textes adoptés dimanche le reflet de cette demande d'actions radicales et immédiates.

Texte tortueux et médiocre

Le texte final appelle effectivement à des "actions urgentes" pour réduire l'écart entre les engagements et les objectifs de l'accord de Paris de limiter le réchauffement à +2°C, voire +1,5°C. Mais le langage est "tortueux" et le résultat "médiocre", a estimé Catherine Abreu, du Climate Action Network.

"Les principaux acteurs dont on espérait des avancées n'ont pas répondu aux attentes", a déclaré Laurence Tubiana, architecte de l'Accord de Paris, notant toutefois que l'alliance des Etats insulaires, européens, africains et latino-américains, avait permis d'"arracher le moins mauvais résultat possible, contre la volonté des grands pollueurs."

De son côté,  Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, dénonce un échec. "Je suis déçu du résultat de la COP25 (…) La communauté internationale a perdu une occasion importante de faire preuve d'une ambition plus grande en matière d'atténuation (réduction des émissions de gaz à effet de serre), d'adaptation et de financement de la crise climatique", a-t-il insisté. "Nous ne devons pas abandonner, et je n'abandonnerai pas

Etats-Unis, Inde, Chine…

Sans surprise, quasiment aucun des grands pays émetteurs n'a fait d'annonce significative pour réhausser ses ambitions, ni donné de signe clair d'une telle intention pour 2020. Evidemment pas les Etats-Unis qui quitteront l'accord de Paris en novembre prochain, mais pas non plus la Chine ou l'Inde.

Ces deux grandes économies insistent, avant d'évoquer leurs propres engagements révisés, sur la responsabilité des pays développés de faire plus et de respecter leur promesse d'aides financières aux pays en développement.

Également dans le collimateur des défenseurs de l'environnement, l'Arabie Saoudite, ainsi que le Brésil et l'Australie tous deux accusés de vouloir introduire des dispositions décriées dans les règles sur les marchés carbone, dont l'adoption a été à nouveau reportée.

La Rédaction avec AFP


© 2020 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

ENVIRONNEMENT

Climat

Les alertes sur le changement climatique lancées par les scientifiques conduisent à l’organisation de sommets internationaux, à la mise en place de marché carbone en Europe mais aussi en Chine. En attendant les humains comme les entreprises doivent déjà s’adapter aux changements de climat dans de nombreuses parties du monde.

Impacts socio economiques du changement climatique inondation

Davos 2020 : Les impacts socio-économiques du changement climatique pourraient être multipliés par 20 d’ici 2050

Il va falloir redoubler d'effort. Selon un nouveau rapport du cabinet McKinsey, les impacts socio-économiques liés au changement climatique vont se multiplier et s'intensifier partout dans le monde mettant à mal la productivité des travailleurs, les systèmes alimentaires mondiaux, les...

Donald Trump Ursula von der Leyen Davos 2020 Jimwatson AFP

Davos 2020 : Donald Trump traite Greta Thunberg de "prophète de malheur"

Les premières heures de Davos ont laissé la place aux prestigieux invités dont la militante écologiste Greta Thunberg et le Président américain Donald Trump. La première a dénoncé les décideurs mondiaux pour leur inaction, ou pire, leurs faux engagements. Le second a appelé à écarter les porteurs de...

CO2 pollution budget carbone pixabay

Feuille de route climat : la France abaisse ses ambitions sur les émissions de CO2

Le gouvernement vient de publier sa Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) et sa Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), toutes deux révisées à l’aune de l’objectif de neutralité carbone en 2050 fixé par la France. Ces documents, qui jouent le rôle de boussole climatique, sont mis en...

5G mobile numerique environnement Pixabay

Le déploiement de la 5G pour nos téléphones portables pourrait être un véritable désastre écologique

La 5G est en train de devenir une réalité. Les enchères pour les fréquences doivent démarrer dans quelques mois en France, tandis qu'elle est déjà opérationnelle en Chine ou en Corée du Sud. L’enjeu pour les opérateurs est de proposer des services améliorés, mais plusieurs experts pointent du doigt...