Publié le 06 juillet 2018

ENVIRONNEMENT

États-Unis : Scott Pruitt, responsable de l’Environnement, démissionne... et est remplacé par un lobbyiste du charbon

Donald Trump a annoncé le départ de Scott Pruitt, l’équivalent du ministre de l'Environnement américain. Le directeur de l’Agence de protection de l’environnement était englué dans une impressionnante cascade de scandales liés à son train de vie et à son utilisation des fonds publics. Au cours de son passage, Scott Pruitt s’est attelé à démanteler la réglementation environnementale américaine en faisant sortir le pays de l’Accord de Paris ou en supprimant la législation sur les émissions des centrales à charbon.

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Miné par les scandales, Scott Pruitt, le directeur de l'Agence de Protection de l'Environnement (EPA) américaine a démissionné.
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Pendant des mois, le président américain est resté sourd aux appels à se séparer de Scott Pruitt, son bras droit en matière d'environnement. Le directeur de l'Agence de Protection de l'Environnement (EPA), qui était l'un de ses lieutenants les plus zélés, était pourtant devenu encombrant.

Ce farouche partisan du retrait des États-Unis de l'Accord de Paris sur le climat, s'est employé, à la demande de Donald Trump, à défaire le bilan environnemental de Barrack Obama, sabrant une à une les réglementations. Mais au fil de révélations quasi-quotidiennes sur ses pratiques, la situation était devenue intenable.

Scandales en cascade 

"J'ai accepté la démission de Scott Pruitt de son poste de dirigeant de l'Agence de protection de l'environnement (EPA)", a indiqué M. Trump dans un tweet qui ne mentionne à aucun moment les affaires visant cet ancien procureur général de l'Oklahoma. De multiples enquêtes ont pourtant été lancées depuis des mois par l'inspecteur général de l'Agence de protection de l'environnement (EPA), par deux offices fédéraux indépendants, ainsi que par la Chambre des représentants.

Tout a commencé par des dépenses de voyages excessives, en première classe ou dans des avions affrétés aux frais du contribuable, contrairement aux règles gouvernementales. C’est ensuite le nombre pléthorique de gardes du corps accompagnant l'administrateur, 24 heures sur 24, même à l'étranger, pour un coût presque doublé par rapport à ses prédécesseurs, qui a posé question. Par ailleurs, le directeur de l’EPA est aussi soupçonné d’avoir obtenu des faveurs de ses amis lobbyistes, comme le fait de pouvoir louer à très bas prix un grand appartement à Washington. Il est aussi accusé d’avoir demandé à son personnel de réaliser des tâches pour son compte personnel.

Dans sa lettre de démission, Scott Pruitt dénonce "les attaques incessantes" dont il estime avoir été victime. Mais au-delà de ces affaires, ce sont ses prises de position politiques - climatosceptiques et anti-règlementations environnementales - qui ont défrayé la chronique, le plaçant comme l'ennemi juré des organisations environnementales. Le passage de Scott Pruitt à l’EPA "a été marqué par de nombreux scandales, mais le plus grand scandale de tous est le fait qu’il a été autorisé à diriger une agence créée pour protéger la santé humaine et l’environnement", a ainsi réagit la branche américaine de Greenpeace. 

Un lourd bilan anti-environnement 

C'est pourtant justement pour ses positions anti-environnementales que Donald Trump l’avait placé au poste stratégique de directeur de l’Agence de Protection de l’Environnement (EPA), un poste plus ou moins équivalent à celui de notre ministre de l’environnement. Lorsqu'il était "Attorney General" de l'Oklahoma, Scott Pruitt avait ferraillé devant les tribunaux contre l'administration Obama, main dans la main avec l'industrie pétrolière dont il était l'un des lobbyistes les plus efficaces.

Depuis sa prise de fonctions en février 2017, son bilan anti-environnemental est lourd. Il est celui qui a liquidé le plan de Barack Obama visant à fermer les centrales électriques à charbon les plus polluantes. Mais aussi celui qui a bataillé avec succès auprès de Donald Trump pour faire sortir les Etats-Unis de l’Accord de Paris.

C’est Andrew Wheeler qui lui succédera. Son entrée comme administrateur de l’agence en avril dernier avait déjà été perçue comme un premier pas vers un changement de tête prochain de l’EPA. Son parcours a notamment été marqué par son poste de lobbyiste pour Murray Energy Corporation, l’une des plus grandes entreprises de mines de charbon des États-Unis. 

Béatrice Héraud avec AFP


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