Publié le 16 août 2019

ENVIRONNEMENT

Energy Observer, le bateau-laboratoire, navigue en Arctique à "l’épicentre du changement climatique"

Le bateau laboratoire Energy Observer, premier navire capable de produire son propre hydrogène, a rejoint samedi 10 août 2019 l'archipel du Svalbard, en Norvège, dans l'océan arctique. Une étape symbolique de son tour du monde, selon les organisateurs.

Energy observer arctique EnergyObserver
Le navire Energy Observer, totalement autonome en énergie, a entamé un tour du monde.
@EnergyObserver

"Après 5 700 km parcourus depuis Saint-Pétersbourg dans des conditions climatiques défavorables et en autonomie énergétique totale, Energy Observer est arrivé ce samedi 10 août aux îles du Spitzberg à 78° de latitude nord dans l'archipel du Svalbard", a annoncé l'équipage de cette expédition dans un communiqué.

Parti de Russie, Energy Observer a navigué en autonomie énergétique totale et atteint cette région, à l'est du Groenland, menacée par la fonte des glaces et considérée comme "l'épicentre du changement climatique". Le bateau a pu tester pour la première fois ses équipements dans des eaux froides à 5°C. "Au-delà du challenge technologique, c'est un message politique que nous souhaitons transmettre", a réagi Jérôme Delafosse, le chef d'expédition, cité dans le communiqué.

"Le Spitzberg représente le ground zero, l'épicentre du changement climatique (...) Nous voulions prouver que si on peut naviguer en milieu extrême grâce à ce navire, demain tout le monde pourra vivre grâce aux ENR (énergies renouvelables) et nous aurons un vrai levier pour transformer le monde", estime le navigateur. "On est vraiment les premiers à réaliser ce voyage. C'est chose faite, on est heureux. Cela fait quatre ans qu'on avait cela en tête."

Le catamaran qui déploie ses ailes

"C'est l'endroit où l'on mesure le mieux l'impact de l'homme sur le climat, c'est un laboratoire assez ouvert, qui permet de prédire ce qui va se passer sur la planète", estime-t-il. Et de faire part de ses premières observations : "On ne va pas remplacer les glaciologues, mais ces glaciers, on a pu en voir, il y en a partout, ils sont étonnants parce qu'ils avancent de 16 m par jour. Ils fondent et se jettent dans la mer à une vitesse hors du commun. C'est un des effets du changement climatique encore mal abordé", a-t-il souligné.

 

Pour Energy Observer, il s'agissait aussi de valider le fonctionnement de ses "Oceanwings", ces ailes de 12 mètres d'envergure qui l'équipent depuis mi-avril. Entièrement automatisées, rotatives à 360° et pouvant s'affaler, ces ailes augmentent la vitesse du navire et soulagent ses moteurs. Les porteurs du projet, qui visent l'objectif d'une autonomie énergétique pour traverser ensuite l'Atlantique et le Pacifique pour terminer le tour du monde d'ici à 2022, espèrent aussi que cette technologie puisse être adaptée aux cargos de transport maritime ou aux navires de croisières.

Lors de sa première expédition commencée en juin 2017, ce laboratoire énergétique couvert de panneaux photovoltaïques a parcouru plus de 10 000 milles marins en France et en Méditerranée, utilisant principalement l'énergie solaire, mais aussi l'hydrogène produit par électrolyse à partir d'eau de mer. Energy Observer, est un ancien catamaran de 30,5 mètres de long pour 12,80 mètres de large, qui était à l'origine un voilier de course construit en 1983 au Canada.

La Rédaction avec AFP


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