Publié le 06 décembre 2018

ENVIRONNEMENT

COP24 : En 2018, les émissions de CO2 sont de nouveau en hausse, boostées par la croissance de l’économie

On espérait que le pic d’émissions de CO2 dans l’atmosphère serait atteint afin de limiter le réchauffement planétaire. Malheureusement, la croissance économique entraîne des besoins énergétiques importants assurés par les énergies fossiles. La Chine en particulier accroît son recours au charbon et pèse lourd dans la balance.

Croissant de Terre pris par la mission Apollo 4 en 1967.
@Nasa

Décidément cette COP24 à Katowice en Pologne n’est pas la COP des bonnes nouvelles. Le "pic" des émissions de CO2, qui devrait déjà être là pour espérer que les conséquences du réchauffement soient limitées, n’est pas pour tout de suite. Les émissions de CO2, première cause du réchauffement mondial, ont connu en 2018 une hausse inédite depuis sept ans, à + 2 %.

Selon un bilan annuel publié mercredi en marge de la 24e conférence climat de l'ONU, ce sont les émissions de CO2 liées à l'industrie et à la combustion du charbon, du pétrole et du gaz qui augmentent particulièrement. Elles devraient croître de 2,7 % par rapport à 2017, après une hausse de 1,6 % l'an dernier ayant suivi trois ans quasiment stables.

Il faut remonter à 2011 et la sortie de la crise financière de 2008 pour trouver pire taux, dit à l'AFP Glen Peters, climatologue au centre de recherche Cicero (Oslo) et co-auteur de l'étude, parue dans la revue Open Access Earth System Science Data.

Boom de la Chine

"Les politiques se font distancer par la croissance de l'économie et de l'énergie", souligne-t-il. "On est loin de la trajectoire qui nous permettrait de rester à 1,5°C ou même 2°C" de réchauffement, objectifs de l'accord de Paris. "La rhétorique enfle mais l'ambition non, nous avons complètement dérapé".

La hausse de cette année est alimentée notamment par un boom d'émissions en Chine (+4,7 %). Le pays est à l’origine d’un quart des émissions mondiales. Ses efforts avaient pourtant permis des résultats encourageants les années précédentes, selon ce 13e bilan du Global Carbon Project, réalisé par 80 scientifiques.

"Les tendances des dernières années ont beaucoup à voir avec les hauts et les bas de l'utilisation du charbon en Chine", souligne Corinne Le Quéré, de l'Université d'East Anglia. Mais "nos experts chinois pensent que cette résurgence est liée aux stimulus économiques donnés par le gouvernement, et donc possiblement temporaires".

Recul en Europe

Deuxième pays émetteur, les États-Unis en sont à +2,5 % d'émissions en 2018. Ceci n’est toutefois pas forcément à imputer aux politiques anti-climat de Donald Trump, mais plutôt à un hiver et un été extrêmes qui ont sollicité chauffages et climatiseurs, notent les chercheurs.

De son côté, l’Inde enregistre une hausse de 6,5 %. Seul bon élève, l’Union européenne qui voit ses émissions reculer de 0,7 %, avec toutefois de fortes disparités nationales.

Au total, les émissions de CO2 fossiles devraient atteindre un record de 37,1 Gt en 2018. Soit les trois quarts des gaz à effet de serre. Auxquels s'ajoutent 5 Gt liées à la déforestation. "Ce n'est pas encore le pic d'émissions" espéré, note Corinne Le Quéré, mais pas un retour non plus aux forts taux des années 2000.

La Rédaction avec AFP


© 2019 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

ENVIRONNEMENT

Climat

Les alertes sur le changement climatique lancées par les scientifiques conduisent à l’organisation de sommets internationaux, à la mise en place de marché carbone en Europe mais aussi en Chine. En attendant les humains comme les entreprises doivent déjà s’adapter aux changements de climat dans de nombreuses parties du monde.

Un quart des entreprises les plus polluantes ne reportent pas leurs émissions de gaz à effet de serre

C’est un chiffre qui a de quoi inquiéter : un quart des entreprises les plus polluantes au monde ne publient pas d’informations sur leurs émissions de gaz à effet de serre, selon une récente étude commandée par un groupe d’investisseurs. C’est pourtant la première étape indispensable pour construire...

Rennes morts arctique svalvard Siri Uldal Norsk Polarinstitutt

En Arctique, les rennes meurent de faim en raison des bouleversements climatiques

En Arctique, où la température se réchauffe à un rythme deux fois plus élevé qu'ailleurs, les rennes de la région de Svalbard, à 1 000 kilomètres du Pôle Nord, n'arrivent plus à trouver assez de nourriture. Une équipe de chercheurs estiment que 200 animaux seraient morts en raison d'un hiver plus...

[Coup de chaud] Quand le changement climatique enflamme la rue

Longtemps circonscrites aux militants écologistes, les marches pour le climat ont pris une ampleur inédite en France et dans le monde depuis un an. Les populations demandent aujourd’hui des comptes à leurs dirigeants. En 2019, le changement climatique a montré toute sa puissance. Cette semaine...

Energy observer arctique EnergyObserver

Energy Observer, le bateau-laboratoire, navigue en Arctique à "l’épicentre du changement climatique"

Le bateau laboratoire Energy Observer, premier navire capable de produire son propre hydrogène, a rejoint samedi 10 août 2019 l'archipel du Svalbard, en Norvège, dans l'océan arctique. Une étape symbolique de son tour du monde, selon les organisateurs.