Publié le 19 juin 2022

ENVIRONNEMENT

À partir du lundi 20 juin, les nouveaux députés seront formés à la transition écologique

C'est inédit en France. Dès leur premier jour de mandat, lundi 20 juin, les nouveaux députés français vont pouvoir se former aux enjeux écologiques. Un collectif de scientifiques parmi lesquels le membre du Giec François Gemenne, vont proposer aux parlementaires une formation express d'une vingtaine de minutes. Une première étape de sensibilisation, "un préalable nécessaire à l'action".

IStock assemblee nationale
577 nouveaux députés vont commencer leur mandat lundi 20 juin.
Istock

Quelques heures après leurs élections, les nouveaux députés vont entrer dans le vif du sujet. Lundi 20 juin, au premier jour de leur mandature, les parlementaires seront attendus devant l'Assemblée nationale par un groupe de scientifiques experts des enjeux de climat et de biodiversité pour une formation express d’une vingtaine de minutes par petits groupes. En allant chercher leur mallette d’accueil, les 577 nouveaux députés vont ainsi pouvoir s’arrêter du 20 au 22 juin au niveau du barnum mis en place pour l’occasion.

"On sait pertinemment que cette session de sensibilisation n’est pas suffisante mais c’est un préalable nécessaire à l’action", explique Léa Falco, membre du collectif Pour un réveil écologique, qui participe à cette initiative. Une quarantaine de spécialistes sont attendus tel que François Gemenne, membre du Giec, le Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat, Magali Reghezza, géographe et membre du Haut conseil pour le climat (HCC) ou encore Lola Vallejo, directrice du programme climat de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). Cette démarche, basée sur l’idée de l’ancien député Matthieu Orphelin et du climatologue Christophe Cassou, se veut totalement apartisane. 

Un dispositif de "name and shame"

Pour pousser les députés à suivre cette formation, plusieurs membres du Réveil écologique vont noter quel député ne s’est pas arrêté devant leur stand, qui a pris un dossier de formation, qui a suivi complètement la formation… "On met en place un dispositif de 'name and shame'. Nous allons les taguer sur les réseaux sociaux afin de les inciter à participer en jouant sur la pression citoyenne et l’effet de groupe", commente Léa Falco. "L’enjeu est aussi de pouvoir dire aux députés : vous savez ce qu’il se passe, si vous ne faites rien, c’est en plein conscience", défend Léa Falco. 

Cette formation est une première étape. Ses initiateurs espèrent pouvoir lancer une formation plus poussée de tous les parlementaires sur les enjeux environnementaux au sein de l’Assemblée, "notamment à l’occasion de la sortie du rapport de synthèse du 6ème rapport du GIEC fin 2022 - début 2023 ou lors de la COP15 biodiversité en octobre 2022", notent-ils. La Suisse a ouvert la voie récemment. Les parlementaires ont suivi un cours magistral sur le changement climatique et la biodiversité. Cela faisait suite à une grève de la faim d'un père de famille "terrorisé" pour l'avenir de ses enfants, qui aura tout de même duré 39 jours. 

Au début du mois de mai, une vingtaine de personnalités dont le réalisateur Cyril Dion, l’ingénieur Jean-Marc Jancovici ou encore la sociologue Dominique Meda avaient, de leur côté, lancé une pétition pour former les membres du gouvernement aux enjeux écologiques. L’initiative a été autant saluée que critiquée. L’économiste Maxime Combes et le rédacteur en chef de Reporterre, Hervé Kempf avaient notamment critiqué une dépolitisation du débat. "Si Président et ministres mènent une politique anti-écologique depuis des années, est-ce réellement en raison d'un manque de formation ? N'est-ce pas plutôt un choix politique clairement assumé de ne pas chambouler notre modèle économique ?", écrivait Maxime Combes sur Twitter. 

Marina Fabre Soundron @fabre_marina


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