Publié le 04 novembre 2016

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ENVIRONNEMENT

COP22 : un sommet mondial pour entretenir la dynamique sur le climat

Ce lundi 7 novembre s’ouvre à Marrakech (Maroc) la 22ème Conférence mondiale sur le climat (COP22). Les négociateurs batailleront autour de trois grands enjeux : la négociation des règles de l’Accord de Paris (rule book), le relèvement du niveau d’ambition des contributions nationales pour le climat (NDC) et la réorientation de la finance vers le développement bas-carbone. Avec une obligation de résultats : en 2015, le concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère n'a jamais été aussi élevée.

À quelques jours du coup d'envoi de la COP22 à Marrakech, qui se tiendra du 7 au 18 novembre, les 55 tentes qui abriteront les débats sont en cours d'aménagement.
Stringer / AFP

"Le but est connu mais il manque la feuille de route pour y parvenir", résume Andrew Steer. Le président du World Ressources Institute (WRI), une organisation internationale centrée sur la recherche autour du climat, souligne la difficulté de la tâche qui s’annonce pour les négociateurs : "Si les pays se sont accordés sur un objectif commun de réduction des gaz à effet de serre, ils n’ont pas vraiment défini de plan pour y parvenir. Les négociateurs vont devoir s’y atteler"

 

Premier enjeu : la définition des règles de l’Accord de Paris 

 

À Marrakech, il s’agira de poser les bases de négociation pour que l’ensemble des règles de l’Accord de Paris (le "Paris Agreement rule book" dans le jargon onusien) puissent être adoptées d’ici 2018. En clair, cette année-là devrait être définie comme la date-butoir qui marquerait la fin des négociations des règles de l’accord. Un exercice entièrement nouveau pour les diplomates : jamais ils n’ont eu à négocier un accord sur le climat entré en vigueur si rapidement. Alors qu'il avait fallu huit ans pour le protocole de Kyoto, 10 mois à peine auront suffi pour l’Accord de Paris. "Les négociateurs vont devoir faire preuve du même dynamisme que les politiques et le secteur privé ont déployé lors de ces derniers mois", relève Andrew Steer.

 

Deuxième enjeu : relever le niveau d’ambition des efforts climatiques des États 

 

Pourquoi ? Parce que la somme des engagements actuels des États met la planète sur un trajectoire de +3,5°C, un seuil synonyme d'impacts beaucoup plus graves et déstabilisants que celui des 2°C inscrit dans l’Accord de Paris.

En d’autres termes, cela signifie une aggravation d’évènements météorologies extrêmes déjà en cours (vagues de chaleur, sécheresses, inondations, montée du niveau de la mer, etc.). Il s’agira également pour les négociateurs de les rendre plus homogènes et donc de s’accorder sur des lignes directrices communes. "Comment va-t-on mesurer les progrès sur les NDC ? Quels seront les éléments de communication? Comment vérifier les données communiquées ? Ce sont les questions qui devront être examinées à Marrakech", poursuit Andrew Steer.

Cette démarche va dans le sens d’une plus grande transparence au sein d’un dispositif onusien très complexe : une meilleure homogénéité permet en effet une meilleure comparabilité entre États des efforts entrepris. Et donc de mieux discerner qui est le cancre de la classe climatique et qui est au premiers rang.

 

Troisième enjeu : la réorientation de la finance vers un développement bas-carbone 

 

Chacun s’accorde à dire que l’Accord de Paris pose les jalons d’une économie mondiale décarbonnée. Mais désinvestir des énergies fossiles ne suffit pas. Encore faut-il réorienter les investisseurs vers la finance verte. Et c’est sur ce point précis que la COP22 va devoir préserver ce qui a été inventé à Paris : maintenir et étendre la coopération avec le secteur privé.

"Avant la COP21, il y a avait une fixation unique sur les gouvernements. Seuls les États devaient intervenir dans l’économie et la finance. Paris marque le début d’une nouvelle ère dans les négociations, à savoir celle de la coopération avec le secteur privé. À Marrakech, les États vont devoir s’attacher à intégrer et à faire participer le secteur privé dans une économie bas carbone", explique Andrew Steer. 

L’heure est à l’urgence. 2016 devrait être l’année la plus chaude jamais enregistrée, selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Et jamais l’air n’a été aussi pollué par le dioxyde de carbone (CO2) qu’en 2015 : pour la première fois, le seuil moyen de 400 parties par million (ppm) dans l’atmosphère a été atteint.

"Nous avons assisté à une extraordinaire dynamique après Paris. Les progrès ont été remarquables", se félicite Andrew Steer. Il fait référence à l’adoption par le secteur aérien et maritime de résolutions majeures dans la lutte contre le réchauffement climatique, mais aussi à la vitesse à laquelle l’Accord de Paris a été ratifié par les États. Un signe selon lui de la prise de conscience au plus haut niveau politique de l’urgence à agir. Mais il prévient : "Cela ne suffit pas si l’on veut respecter les objectifs fixés par Paris. Il est essentiel de garder la dynamique de Paris et de ne pas seulement se réjouir de son entrée en vigueur".

Claire Stam
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