Publié le 13 février 2007

ENVIRONNEMENT

Climat : quelle suite politique pour le rapport du GIEC ?

En remettant leur 4ème rapport, en février 2007, les 600 experts du GIEC présents à Paris ont confirmé une hausse des températures comprise entre 1,9° et 6,4° par rapport à la période 1980-1999, selon les efforts qui seront entrepris pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre. Le « résumé pour les décideurs » publié à l'issue de leur conférence appelle clairement les gouvernements à agir pour parvenir à remplir les objectifs de Kyoto et décider des mesures à prendre pour l'après-2012, date de l'échéance du protocole.

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Alors qu'en 2001, le 3ème rapport du GIEC avait établi, avec 66% de certitude, l'impact des activités humaines sur le réchauffement de la planète, cette certitude est désormais acquise à 90%. Un point crucial, compte-tenu de ses implications politiques : « aujourd'hui, plus personne ne pourra contester ce qui est avéré, a déclaré le président du PNUE Achim Steiner devant la presse internationale. Le GIEC apporte des preuves non équivoques au monde entier, le doute n'est plus permis et désormais nous allons pouvoir nous concentrer sur l'action ». Le GIEC, qui a pu affiner ses estimations depuis 2001, a donné pour la première fois une estimation « très probable » du réchauffement d'ici 2100, avec une hausse des températures comprise entre 1,8° et 6,4°dans le scénario le plus pessimiste, qui prévoit une augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Désormais, l'avenir climatique se situe dans le camp des Etats, qui, lors de la 12e conférence des Nations Unies sur le changement climatique (en novembre 2006 à Nairobi), sont parvenus à un consensus sur deux points : la division par deux des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050 et la prorogation du protocole de Kyoto après 2012, date de son échéance. Cependant, il manque à ce consensus des acteurs de poids en matière de changements climatiques. Les Etats-Unis, tout d'abord, mais également la Chine et l'Inde, dont les émissions cumulées devraient dépasser celles des Etats-Unis en 2012. Les deux pays ont fait valoir à Nairobi leur « droit à la croissance économique » et se refusent à tout engagement contraignant de réduction de leurs émissions. Ils ont également rappelé aux pays industrialisées leur "responsabilité historique" dans le réchauffement climatique et ont souligné que leurs émissions par habitant resteraient inférieures aux leurs, et ce "pendant encore au moins une génération", a indiqué le ministre indien de l'Environnement. Enfin, les Etats-Unis et l'Australie ont réitéré leur refus d'adhérer au protocole de Kyoto tant que les pays émergents n'y seront pas soumis eux-mêmes.
Yvo de Boer, Secrétaire exécutif de la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques, résumait ainsi la situation en janvier dernier : « Les intérêts sont différents et variés... L'Union européenne voudrait aller de l'avant. Les États-Unis et l'Australie n'ont pas signé le protocole de Kyoto. La Chine et l'Inde pensent avant tout à la croissance économique et à la lutte contre la pauvreté, les îles du Pacifique, déjà affectées par l'augmentation du niveau de la mer, appellent à l'action». «Il est important que le leadership revienne aux Nations Unies qui représentent la diversité des points de vue et où tous les intérêts peuvent être pris en compte » a-t-il ajouté.

Véronique Smée
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