Publié le 02 mars 2007

ENVIRONNEMENT

Climat : les entreprises pressent les gouvernements d'agir

Réunis à l'Université de Columbia (Etats-Unis), une centaine d'entreprises, d'ONG et d'experts internationaux ont adopté un plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre, en appelant les responsables politiques à agir d'urgence. Appelée Global Roundtable on Climate Change, cette organisation travaille depuis 3 ans sur le sujet et rassemble tous les secteurs d'activités.

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Depuis maintenant trois ans, les membres du Global Roundtable on Climate Change (Table ronde mondiale sur le changement climatique) se réunissent deux fois par an en invitant une centaine de parties prenantes, ONG et experts, à participer à leur travaux sur le climat. Tous les secteurs d'activités sont représentés -transport, énergie, banque, industrie...-, notamment par des entreprises comme Air France, Bayer, Citigroup, DuPont, General Electric, ING, Munich Re ou encore Volvo. L'objectif de ces travaux : fixer un plan de réduction des émissions de CO2 pour tous les pays, en rappelant que " rien ne serait possible sans une participation active de la Chine ", comme l'a souligné Jeffrey Sachs, économiste à l'université américaine de Columbia, porte parole de l'organisation. A partir d'études scientifiques et économiques, ces entreprises ont toutes signé un plan de réduction des GES, appelant dans la foulée les gouvernements à prendre des décisions. Le rapport intitulé "Voie vers la durabilité du climat" (Path to Climate Sustainability) leur demande notamment d'aider le développement des technologies propres et de fixer des quotas d'émissions de gaz à effet de serre." Les responsables politiques sont à la traîne de la communauté des affaires ", a lancé Jeffrey Sachs, en écho aux recommandations du GIEC , qui a appelé début février les gouvernements à agir pour parvenir à remplir les objectifs de Kyoto et décider des mesures à prendre pour l'après-2012, date de l'échéance du protocole.

Un appel au gouvernement américain

Loin d'y voir une contrainte, les entreprises du Global Roundtable on Climate Change veulent faire de la lutte contre les changements climatiques une " opportunité économique ", en ayant conscience que l'inaction constitue à la fois un risque et un coût plus élevé pour leurs activités."Nous pensons fermement (...) que nous faisons partie du problème, mais nous faisons également partie de la solution", a ainsi affirmé Tomas Ericson, président de Volvo Group pour l'Amérique du Nord. Certains membres du Global Roundtable on Climate Change sont par ailleurs membre de l'U.S. Climate Action Partnership (USCAP), autre initiative présentée le 22 janvier par dix grandes entreprises américaines, associées à des ONG pour appeler à des mesures contre le changement climatique. L'USCAP regroupe notamment Alcoa, BP America, Caterpillar, Duke Energy, DuPont, FPL Group, General Electric, Lehman Brothers, PG&E ainsi que 4 ONG : Environmental Defense, Natural Resources Defense Council, Pew Center on Global Climate Change et World Resources Institute. Ils demandent au gouvernement américain d'adopter des mesures contraignantes pour réduire les émissions de GES. Le plan d'action, présenté dans le rapport " A Call for Action ", préconise une réduction de 10 à 30% des émissions de gaz à effet de serre dans un délai de 15 ans et une réduction de 60 à 80% d'ici 2050. Il s'appuie sur des mécanismes proches de ceux du protocole de Kyoto, en particulier la mise en œuvre d'un système d'échange de quotas de CO2. L'USCAP s'est dit " prêt à discuter de cette position avec le Président américain, le Congrès et tout autre partie prenante ", et entend bien mettre ces objectifs au coeur de la campagne présidentielle de 2008.

La Communauté européenne vient quand à elle de s'engager à réduire ses émissions de gaz à effet de serre "d'au moins 20%" d'ici 2020, mais n'a pas encore trouvé d'accord sur la répartition des efforts entre les 27 Etats membres. La Commission a en outre déclaré que les Etats membres de l'UE "souhaitaient s'engager à réduire de 30%" leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020, objectif qui ne sera toutefois valable "qu'à condition que les autres pays développés s'engagent à remplir un objectif de réduction semblable", dans le cadre des négociations pour l'après Kyoto.

Véronique Smée
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