Publié le 04 mai 2018

ENVIRONNEMENT

Climat : l'assureur Allianz se désengage du charbon

Le leader de l'assurance, Allianz, ne va plus assurer les centrales et mines associées au charbon et veut complètement se désinvestir du secteur d'ici 2040, a annoncé vendredi le groupe allemand. Dans l'immédiat, l'assureur ne va plus investir dans les entreprises construisant "d'importantes centrales au charbon".

Allianz siege social a Munich
Le siège social de l'assureur Allianz, à Munich, en Allemagne.
Allianz

"En tant que leader de l'assurance et des investissements, nous souhaitons promouvoir la transition vers une économie respectueuse du climat", a expliqué le PDG d'Allianz, Oliver Bäte, dans un communiqué daté du 4 mai, annonçant son désengagement total du charbon d’ici 2040. 

"Allianz cessera avec effet immédiat de proposer des solutions d'assurance aux centrales au charbon ou aux mines de charbon individuelles, qu'elles soient en activité ou en projet", indique le groupe.Le groupe emboîte ainsi le pas à d'autres grands assureurs comme le groupe italien Generali ou français Axa qui ont déjà fait des annonces similaires de désengagement du secteur.

Financer une économie bas carbone

Les sociétés qui produisent de l'électricité à partir de plusieurs sources, comme le charbon, d'autres combustibles fossiles ou des énergies renouvelables, continueront d'être assurées. L'objectif du premier assureur européen est toutefois d'éliminer complètement d'ici 2040 les risques liés au charbon de ses activités d'assurance.

"Nous allons travailler avec ces clients pour trouver des solutions appropriées nous permettant d'évoluer ensemble vers une économie à faible émission de carbone", déclare Chris Fischer Hirs, qui coiffe la branche risques industriels d'Allianz.

En tant que très gros investisseur sur les marchés financiers, l'assureur a commencé en 2015 d'exclure de ses placements les entreprises qui dépassent une part de 30% de charbon dans leur activité. Depuis, Allianz a désinvesti pour 225 millions d'euros du secteur, a indiqué une porte-parole du groupe à l'AFP.

0% de charbon à terme

Dans ses choix futurs d'investissement, Allianz veillera que la part d'utilisation du charbon chez un émetteur passe de 30% aujourd'hui à 0% d'ici 2040. Mais dès aujourd’hui, l'assureur ne va plus investir dans les entreprises construisant "d'importantes centrales au charbon". Celles-ci représentent en effet une menace pour l'objectif de limiter la hausse des températures mondiales à 2°C, selon l'accord mondial de Paris signé en 2015 contre le réchauffement climatique.

Allianz annonce également qu’il rejoint l’initiative Science based targets pour aligner ses objectifs climatiques sur les recommandations des scientifiques du Giec et contenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C. L’assureur va ainsi formuler des méthodes et des objectifs d’ici la fin de l’année, indique-t-il.

Un doublement des investissements dans les renouvelables

Enfin, le groupe entend aussi "doubler" à terme sa part investie dans des projets d'énergies renouvelables mais communiquera plus tard sur le sujet, a ajouté la porte-parole d'Allianz. A fin 2017, l'assureur était investi pour à peine 2,5 milliards d'euros dans les énergies vertes, alors que ses placements financiers portent en totalité sur plus de 660 milliards d'euros.

Avec ses annonces du jour, l'assureur répond aux demandes du réseau d'ONG internationales Unfriend Coal qui, "depuis des mois, tentent de mettre fin aux activités d'assurance dans le charbon en tant que prédateur numéro un du climat", s'est félicité vendredi l'ONG allemande Urgewald dans un communiqué. La pression des acteurs pro-environnementaux devrait toutefois se poursuivre sur le secteur allemand de l'assurance pour emboîter le pas d'Allianz. Notamment sur le deuxième géant allemand de l'assurance, Munich Re, "à la traîne en matière de protection du climat", selon Urgewald.

La rédaction avec AFP


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