Publié le 04 avril 2021

ENVIRONNEMENT

[Bonne Nouvelle] La loi climat et résilience va interdire la promotion des énergies fossiles

Fin des publicités pour vendre des énergies fossiles, le greenwashing considéré comme une pratique commerciale, le CSA en contrôle… La loi climat et résilience, en discussion au parlement jusqu’au 18 avril a engagé une réforme de la publicité pour aller dans le sens de la protection de l’environnement. Des dispositions qui vont trop loin pour la droite et pas assez pour la gauche.

Vote pub loi climat AuroreBerge
Résultat du vote sur les articles portant sur la publicité de la loi résilience et climat.
@AuroreBergé

Jeudi 1er et vendredi 2 avril, l’Assemblée nationale a longuement débattu des articles de la loi climat et Résilience portant sur la publicité. Ceux-ci ont au final durci l'interdiction de la publicité pour les énergies fossiles, et renforcé la lutte contre le "blanchissement écologique", tout en restant en deçà des demandes de la gauche mais aussi de certains dans la majorité.

Un amendement de la co-rapporteure Aurore Bergé (LREM), adopté en séance, interdit la publicité pour la "commercialisation et la promotion" des énergies fossiles, alors que le texte initial ne mentionnait que la "vente". Un autre amendement de la députée renforce les sanctions en cas de non-respect de cette interdiction, qui pourraient atteindre un montant correspondant à la totalité des dépenses consacrées à l'opération délictueuse, au lieu de la moitié comme initialement prévu.

Risque pour les médias

La droite a dénoncé un article qui pourrait priver des secteurs comme les médias ou les associations sportives et culturelles d'importantes ressources publicitaires. Des élus LR comme Julien Aubert ont également déploré que le gaz naturel soit mis sur le même plan que le charbon ou le pétrole, alors qu'il génère moins de CO2. La gauche et certains députés de l'aile la plus écologiste de la majorité ont à l'inverse plaidé en vain pour un tour de vis sur la publicité automobile, notamment celle en faveur des véhicules les plus polluants.

Aurore Bergé a pointé un "risque important pour les médias", déjà très fragilisés par la crise sanitaire, le secteur automobile constituant leur deuxième source de recettes publicitaires. Elle a également souligné que cette publicité était désormais très largement consacrée aux véhicules les plus propres, électriques ou hybrides.

Le WWF a déploré que l'Assemblée ne soit pas allée plus loin: "la proposition du gouvernement d'interdire la publicité des énergies fossiles n'a de sens que si on inclut les produits qui polluent et qui consomment ces énergies fossiles", en particulier les SUV (4X4 urbains) les plus lourds, selon l'ONG dans un communiqué.

Blanchissement écologique

Les députés se sont par ailleurs attaqués au "blanchissement écologique" ("greenwashing"), en assimilant à une "pratique commerciale trompeuse" le fait d'attribuer à un produit des vertus environnementales fallacieuses. Cette "meilleure définition" vise "ceux qui veulent faire passer des vessies pour des lanternes", a déclaré la ministre Barbara Pompili. Les parlementaires ont aussi durci les sanctions correspondantes, qui pourront atteindre 80 % des dépenses engagées.

Ils ont en outre interdit, dans une publicité, "le fait d'affirmer à tort qu'un produit ou un service est neutre en carbone" ou "dépourvu de conséquences négatives sur le climat". Ils ont aussi rendu obligatoire l'affichage dans la publicité en faveur des voitures et de l'électroménager de leur classe d'émissions de dioxyde de carbone (A à G). Enfin, l’Assemblée a adopté l'article 5 qui prévoit la promotion par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) de "codes de bonne conduite" pour les publicités audiovisuelles.

Ludovic Dupin avec AFP


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