Publié le 24 février 2021

ENVIRONNEMENT

Le gouvernement dévoile sa stratégie pour réduire l'empreinte environnemementale du numérique

Baromètre environnemental, data centers plus verts, aide au reconditionnement des appareils... Le gouvernement vient de dévoiler sa feuille de route destinée à concilier transition numérique et transition écologique. 15 grandes actions ont été dévoilées mais la France a choisi de miser sur la régulation et l'information au détriment d'une réglementation forte. Un choix critiqué. 

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75 % de l'empreinte écologique du numérique réside dans la fabrication des terminaux.
CC0

C’est un secteur qui pèse entre 5 et 10 % de l’impact environnemental de la France. En termes de consommation d’eau, de ressources non renouvelables ou encore d’émission de gaz à effet de serre, le numérique est un point noir qui ne cesse de grossir. "Le numérique fait partie de notre quotidien : il a beaucoup à apporter à la transition écologique, mais il a aussi une empreinte environnementale qu’il faut maîtriser, dans un contexte de forte hausse des usages", a défendu Barbara Pompili. 

En collaboration avec le ministère de l’Économie et du Numérique, la ministre de la Transition écologique a présenté, le 23 février, la feuille de route "numérique et environnement" dont quelques mesures avaient déjà été annoncées lors d’un colloque à Bercy en octobre dernier. La stratégie est articulée autour de trois axes et de 15 actions. 

Le renouvellement des appareils pèse lourd

Concernant le volet "connaître pour agir", les ministères comptent créer un "baromètre environnemental des acteurs du numérique". Ce dernier, dirigé par le régulateur des télécoms (Arcep) pourra collecter les données des télécoms, fournisseurs de services ou encore éditeurs de logiciels. Le but est "d’objectiver" et "quantifier la pollution engendrée par le numérique", explique le secrétaire d’État Cédric O. Parallèlement, alors que la 5G fait débat en France, le gouvernement veut prendre en compte les enjeux environnementaux dans l'attribution des prochaines fréquences 5G sur la bande 26 GHz, ou encore soutenir les datacenters (centre de données) "écologiquement vertueux".   

Alors que 75 % de l’impact environnemental du numérique est dû aux terminaux (ordinateurs, téléphones, tablettes…), le gouvernement, qui vise dans son deuxième axe à "soutenir un numérique plus sobre" veut limiter le renouvellement de ces appareils. Il prévoit ainsi d’évaluer les pratiques commerciales qui consistent à offrir des smartphones à 1 euro et pourrait, selon les conclusions de l’étude d’impact, prendre des dispositions plus radicales. Dans ce sillage, de nouvelles mesures pour soutenir la filière du reconditionnement, un marché estimé à 500 millions d'euros par les entreprises du secteur, ont aussi été annoncées, à l'image de l'objectif de l'État d'atteindre 20 % de terminaux de "seconde main" dans ses achats pour ses services publics.

"Concilier les objectifs économiques de compétitivité et d’emploi avec les exigences environnementales est une des priorités de notre plan France relance", a fait valoir le ministre de l’économie Bruno Le Maire citant justement le soutien au réemploi et à la réparation des équipements du numérique. Un fonds de 300 millions d’euros est également débloqué pour soutiens les projets des startups de la Green Tech, répondant à l’objectif d’innovation que s’est fixé le gouvernement dans son troisième volet. 

Pas de réglementation forte

Si la feuille de route du gouvernement veut répondre à un enjeu soulevé notamment par la Convention citoyenne pour le climat, les ministres privilégient donc l’information et la régulation au détriment d’une réglementation forte que certains appelés à mettre en œuvre.

Les sénateurs ont d’ailleurs déposé une proposition de loi transpartisane le 12 janvier dernier et elle préconisait notamment de contraindre les opérateurs à souscrire d’ici 2023 à des engagements environnementaux ou encore de rendre obligatoire "l’écoconception" des sites web. 

Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP


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