Le 12 décembre 2015, l'Accord de Paris sur le climat était adopté, faisant entrer le monde entier dans une nouvelle ère où la lutte contre le changement climatique compterait désormais au rang des priorités. À l'occasion de l'entrée dans les années 2020, les journalistes de Novethic témoignent des événements de la décennie passée. 

Il était 19h30 ce samedi 12 décembre 2015, quand le coup de marteau avec une tête en forme de feuille verte, symbole de la COP21, a été frappé par un Laurent Fabius alors extrêmement ému. Dans la salle de presse du parc des Expositions du Bourget, où se déroulait l’événement, tous les journalistes se sont levés en direction de l’écran qui diffusait la séance plénière en direct. L’émotion m’a tout de suite envahie, moi et toute l’équipe de Novethic. Et nous avons applaudi.
Cela faisait déjà deux semaines que nous suivions les négociations sans relâche, parfois jusque tard dans la nuit. Le suspens a été de mise jusqu’à la fin. Il faut dire que c’était ma première COP, et que les prolongations, pourtant habituelles – je le sais maintenant –  m’avaient un peu démotivées. Un "shall" (doit) finalement transformé en "should" (devrait) à la demande des Américains, a bien failli gâcher la fête mais l’Accord est bel et bien adopté.
"C’est un petit marteau, mais je pense qu’il peut faire de grandes choses !", lance le ministre des Affaires étrangères et président de la COP21 Laurent Fabius avant de célébrer cette victoire avec les personnalités présentes à la tribune parmi lesquelles François Hollande, Ban Ki-Moon, Christiana Figueres ou encore Laurence Tubiana. Face à eux, les représentants de 195 pays se lèvent, comme un seul homme, s’embrassent et applaudissent à tout rompre le président de la COP21. L’ovation dure de très, très longues minutes.
Un accord historique, entré en vigueur en un temps record
Ce jour-là, j’ai eu le sentiment d’assister à un événement historique de la même ampleur que la chute du mur de Berlin. Nous étions à un tournant. Le monde entier se mettait – enfin – en ordre de marche pour faire de la lutte contre le changement climatique une réalité en se fixant un objectif de réchauffement limité à 2°C voire 1,5°C. Six ans après la déception de Copenhague, c’était inespéré.
Moins d’un an après son adoption, l’Accord de Paris est entré en vigueur le 4 novembre 2016, en un temps record pour un traité international de cette ampleur, symbole de l’enthousiasme qui prévalait alors. J’étais loin d’imaginer que quelques mois plus tard à peine, le futur locataire de la Maison-Blanche, élu à la tête de l’un des pays les plus émetteurs, mettrait tout en œuvre pour sortir du processus.
Bien sûr, l’Accord, qualifié d’historique car s’appliquant pour la première fois à tous les pays, était loin d’être parfait, mais il avait réussi à faire émerger un consensus entre pays développés et en développement. Quatre ans plus tard, au vu de l’échec de la COP25, ce consensus semble avoir volé en éclats, chaque bloc reprenant ses revendications ante-COP21. Malgré tout, ceux qui étaient là ce samedi 12 décembre 2015 ne peuvent pas baisser les bras. Nous ne pouvons pas perdre espoir.   
Concepcion Alvarez @conce1
Décennie

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