Publié le 17 février 2022

ENVIRONNEMENT

2,7 % : Voici le temps de parole du climat dans la campagne présidentielle

À quelques semaines du premier tour de la présidentielle, les ONG environnementales tirent la sonnette d'alarme. Elles lancent un baromètre qui mesurera toutes les semaines la place accordée par les médias à l'environnement dans la campagne. Le premier résultat est tombé : nous sommes à 2,7 %. Les ONG ont en parallèle lancé une tribune soutenue par plus de 150 personnes et organisations pour remettre le sujet au centre des élections. Et elles organisent un Débat du siècle dédié aux questions écologiques. 

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"Pas de climat, pas de mandat", la nouvelle campagne de l'Affaire du siècle pour alerter les candidats sur les sujets écologiques.
@L'Affaire du siècle

Moins de 3 %, c’est la place que les médias (télé, radio, presse écrite et médias en ligne) ont accordé aux sujets climatiques dans la campagne présidentielle pendant la semaine du 8 au 13 février. Afin d’alerter sur ce phénomène, un baromètre sera publié toutes les semaines par l’institut Onclusive (ex-Kantar) à la demande des quatre ONG de l’Affaire du Siècle. Après avoir réussi à faire condamner l’État pour son inaction climatique, celles-ci comptent bien désormais investir la présidentielle. Elles ont aussi lancé une tribune jeudi 17 février dans Le Monde, avec plus d’une centaine d’autres organisations, des militants, des journalistes et des scientifiques, pour appeler à replacer les enjeux environnementaux au cœur du débat pour l’élection présidentielle.

"Trop de candidats à la magistrature suprême esquivent le sujet. Trop de fois ce thème est absent des discours et des interviews. Où sont leurs réponses ? Comment peut-on prétendre défendre l’Etat de droit sans dire comment l’on compte sortir la France de l’illégalité climatique ? Rédactions et journalistes doivent prendre leur responsabilité et exiger des réponses concrètes, sans reléguer le climat en fin d’interview ou de débat. Après tout, il ne s’agit rien de moins que de notre quotidien – d’aujourd’hui et de demain –, de nos factures énergétiques, de nos emplois, de nos récoltes, de notre alimentation, de notre préparation aux canicules ou aux catastrophes naturelles" écrivent-elles. 

Un "Débat du siècle" le 13 mars

Les associations vont également organiser "Le Débat du siècle" avec les candidats à la présidentielle sur les sujets écologiques. Ce sera le dimanche 13 mars sur la plate-forme Twitch, au lendemain des marches pour le climat "Look up" (en référence au film Don’t look up et au déni climatique). "Nous avons approché les chaînes pour leur proposer ce débat, elles ont refusé", témoigne Cécile Duflot, la directrice générale d’Oxfam dans les colonnes du Monde. Les candidats d'extrême-droite en revanche n'ont pas été conviés car leurs valeurs sont "incompatibles avec celles des organisations de l'Affaire du Siècle, qui sont l'ouverture, la perception de la diversité comme une richesse, la solidarité, l'humanisme et la non-violence" explique Justine Ripoll de Notre Affaire à tous.

L’Affaire du Siècle avait également lancé en début d’année l’Enquête du Siècle, un questionnaire envoyé à chacun des candidats. Les résultats seront publiés courant mars, avant ou en même temps que le débat. Ils permettront de définir ceux qui sont les plus à même de redresser la trajectoire actuelle afin de se conformer aux décisions de justice prises dans le cadre de l’Affaire du Siècle. Pour rappel, la France a été condamnée en octobre dernier à réparer le préjudice écologique causé par le non-respect de ses engagements climatiques. Elle a jusqu’à la fin de l’année pour agir. Le prochain locataire de l’Élysée est donc directement concerné.

Les candidats en lice doivent répondre à 19 questions sur les énergies renouvelables, la sortie des énergies de chauffage au gaz fossile et au fioul dans les logements, les rénovations énergétiques, les transports en commun, l’aérien, la part modale du vélo, le nombre de bovins à viande ou encore la part de surfaces dédiées aux légumineuses. Une question concerne spécifiquement la réparation du préjudice écologique lié au dépassement du plafond des émissions de gaz à effet de serre.  

Concepcion Alvarez @conce1


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