Publié le 08 novembre 2020

ENVIRONNEMENT

[Science] Le Danemark obligé d’abattre des millions de visons après une mutation du Covid-19 touchant les humains

C'est une nouvelle très inquiétante que vient d'annoncer le Danemark. Le pays, premier producteur de fourrure en Europe, a décidé d'abattre entre 15 et 17 millions de visons d'élevage. Ces derniers ont transmis à au moins 12 personnes le Covid-19. Surtout, le virus aurait muté et les anticorps humains seraient bien moins efficaces face à cette mutation qui représente une menace pour le développement de vaccins, assure le ministre de la santé danois. 

Vison elevage fin danemark coronavirus
En juillet, les Pays-Bas avaient également annoncé l'abattage de centaines de milliers de vison d'élevage après des cas de transmission de Covid-19 à l'Homme.
CC0

C’est une véritable hécatombe. Le 4 novembre, la Première ministre danoise, Mette Frederiken a annoncé la mise à mort d'une quinzaine de millions de visons élevés sur le territoire. Cet abattage massif survient alors que l’Institut de sérologie de l’État (SSI) a annoncé qu'au moins douze personnes avaient contracté le Covid-19 via ces visons. Ces douze cas ont été détectés dans le nord du Jutland, où sont concentrés la plupart des élevages. L’abattage de la totalité du cheptel du pays, premier exportateur mondial de peaux de visons, est une très mauvaise nouvelle, notamment pour le millier de fermes du royaume.

Mais il y a urgence car le virus aurait muté. Si cette mutation-ci ne s'est pas traduite par des effets plus graves chez l'homme, les autorités danoises estiment qu'elle se caractérise par une moindre efficacité des anticorps humains, produit par le corps humain lors d'une première infection. Cela menace la mise au point d'un vaccin contre le Covid-19.

Un frein au développement d'un vaccin

Selon le ministre de la santé Magnus Heunicke, "c'est une menace pour le développement de vaccins contre le coronavirus, c'est pour ça que nous devons mener une campagne nationale", a-t-il insisté. Le 6 novembre les autorités ont affirmé qu'au moins 214 personnes avaient contracté ce virus muté. Le Danemark, qui ne veut pas devenir le point de départ d’une nouvelle épidémie, a donc sacrifié tous les visons d’élevage du pays.

Et il n’est pas le seul à avoir pris cette décision. En juillet, aux Pays-Bas, plusieurs visons d'élevage néerlandais ont été contaminés par le Covid-19, transmettant le virus à plusieurs employés. À cette époque, les autorités n’avaient pas évoqué de mutation du virus mais la menace était telle que le pays avait choisi de mettre fin à l’industrie de fourrure de vision. Le pays, quatrième producteur au monde, devait y mettre un terme en 2024 mais le Covid-19 a précipité leur fermeture. 

Multiplication des zoonoses

Pour rappel, 65 % des maladies infectieuses émergentes sont des zoonoses, c'est-à-dire des agents pathogènes transmis des animaux à l'Homme, comme le Covid-19 ou Ebola notamment. Si plusieurs études montrent que l'origine du virus actuel provient de la chauve-souris, le pangolin a vite été pointé du doigt pour son rôle dans la transmission à l'homme. Une nouvelle étude française le disculpe pourtant et cherche le chaînon manquant. 

La grippe aviaire en est un autre exemple criant alors que 45 départements français viennent d’être placés en risque "élevé". Le passage à un risque "élevé" déclenche l'instauration de mesures de protection renforcées, dont l'obligation de confinement ou de pose de filets pour empêcher tout contact avec les oiseaux sauvages pour tous les élevages commerciaux de volailles et les basses-cours.

Si ce virus ne présente aucun danger pour l’homme, assure l’AFP, dans les années 1990 en Asie, le virus H5N1 de grippe aviaire avait, lui, réussi à franchir la barrière entre les animaux et les hommes. En cause : l’élevage intensif. "Le passage à l’homme, malgré la barrière interespèces, est dû à la concentration de volailles en un seul endroit et dans des conditions sanitaires dégradées (...) En théorie, le virus aviaire n’est pas transmissible à l’homme, mais à force d’essayer, il finit par passe", analysait en avril, dans le journal du CNRS, le biologiste François Renaud.

Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP


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