Publié le 14 mars 2018

ENVIRONNEMENT

Le réchauffement pourrait menacer jusqu'à 50 % des espèces et aucune zone n’est épargnée

Le dérèglement climatique pourrait menacer entre un quart et la moitié des espèces d'ici 2080 dans 33 régions du monde parmi les plus riches en biodiversité, selon un rapport paru mercredi 14 mars. Certaines zones sont particulièrement en danger, comme l’Australie qui pourra voir localement jusqu’à 80 % de disparition d’espèces.


WWF

À +4,5°C de réchauffement par rapport à la Révolution industrielle - horizon qui se dessinerait si rien n'était fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre -, 48 % des espèces seraient susceptibles de disparaître au niveau local.

Mais ce risque serait divisé par deux si la hausse de la température moyenne était contenue à +2°C, limite fixée dans l'accord de Paris adopté en 2015 sous l'égide de l'ONU, note cette analyse publiée par la revue Climatic Change.

"La biodiversité mondiale va souffrir terriblement au cours de ce siècle, à moins que nous fassions tout ce qui est en notre pouvoir" contre cela, prévient le Fonds mondial pour la nature (WWF), qui a coproduit l'étude, présentée comme la plus complète sur cette trentaine de zones. Partout, le climat vient s'ajouter aux menaces pesant déjà sur la faune et la flore : urbanisation, perte d'habitats, braconnage, agriculture non soutenable...

Les canicules deviennent la norme dès 2030

Les chercheurs des universités d'East Anglia (Royaume-Uni) et James-Cook (Australie) ont étudié la situation climatique de 80 000 espèces dans 33 régions jugées "prioritaires", aussi uniques et diverses que l'Amazonie, le désert de Namibie, l'Himalaya, Bornéo, le lac Baïkal ou le sud du Chili.

Les saisons aujourd'hui exceptionnellement chaudes devraient y devenir la norme, parfois dès 2030, et même avec un réchauffement limité à +2°C. Pics de chaleur plus notables, moindres précipitations, sécheresses durables sont attendus en de nombreux endroits.

Sur ces zones, plus de la moitié de la surface (56 %) resterait vivable à +2°C. À +4,5°C, cette part pourrait tomber jusqu'à 18 %.

70 % d’espèces en danger en Amazonie

Les plantes devraient être particulièrement affectées, plus lentes à s'adapter, bougeant moins facilement. Ce qui en retour pourra nuire aux animaux en dépendant. À +4,5°C, 69 % des espèces de plantes risquent de disparaître en Amazonie.

Du côté animal, reptiles et amphibiens ont plus de risques d'être "dépassés" que les oiseaux ou les mammifères, plus mobiles. Beaucoup dépendra en effet de la capacité des espèces à bouger pour suivre leur climat de prédilection : pourront-elles suivre ? Seront-elles bloquées, par exemple par des villes, des montagnes ? Auront-elles, à l'arrivée, un endroit pour vivre ?

Le sud-ouest de l'Australie, dans le pire scénario, voit près de 80 % des espèces de mammifères menacées d'extinction localement, perte ramenée à un tiers dans un monde à +2°C et en cas de capacités d'adaptation des espèces.

Cette publication intervient alors que s'ouvre samedi 17 mars à Medellin (Colombie) une importante conférence sur l'état de la biodiversité dans le monde.

La Rédaction avec AFP


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