Publié le 21 janvier 2018

ENVIRONNEMENT

[LE CHIFFRE] Éléphants, girafes, antilopes... 71 % de la faune sauvage victime collatérale des guerres

La faune est une victime collatérale des conflits, à laquelle on pense peu. Selon une étude publiée dans la revue Nature, 71 % des zones protégées en Afrique ont été touchées par des conflits entre 1946 et 2010. Impossible de savoir précisément combien d’animaux ont disparu à cause des guerres. Mais on peut affirmer que, parmi tous les facteurs, les conflits ont l’impact le plus déterminant sur les grands mammifères africains.

Les éléphants sont abattus pour leur ivoire, qui finance les combattants.

Dans les zones déchirées par la guerre, les grands mammifères africains frôlent régulièrement l'extinction. Éléphants abattus pour l'ivoire, qui finance les combattants, antilopes chassées pour leur viande par des populations affamées, ou girafes abattues directement par les balles... Les grands animaux d'Afrique sont les victimes collatérales et souvent méconnues de ces conflits.

Selon une étude publiée début janvier dans la revue Nature, s’il est impossible de savoir exactement combien d’animaux ont disparu à cause des conflits, on estime que 71 % des zones protégées africaines ont été touchées par des conflits entre 1946 à 2010, parfois pendant des années durant. "Les trajectoires des populations sauvages déclinent avec l'augmentation de la fréquence des conflits", affirme l'étude, basée sur l'évolution de 36 espèces de grands mammifères herbivores, dans 126 zones protégées de 19 pays africains.

Les guerres ont un impact plus important que les sécheresses

L'étude passe en revue d'autres indicateurs connus pour leur impact sur la faune comme la fréquence des sécheresses ou la présence d'industries d'extraction, mais c’est bien la fréquence des conflits qui a l’impact le plus déterminant. Quelle que soit leur intensité, la fréquence des guerres conduit ces populations sauvages sous le seuil de remplacement. Et toutes les espèces en sont victimes, buffles, zèbres, gnous, girafes et beaucoup d'espèces d'antilopes.

Malgré tout, "un effondrement total des populations est rare", note l’étude. "La faune ravagée par la guerre peut s'en remettre", assure les serveurs. C’est le cas par exemple dans le parc national de Gorongosa au Mozambique, où ont travaillé les auteurs. Plus de 90 % des grands mammifères avaient disparu suite aux guerres qui ont ravagé le pays entre 1977 et 1992, mais "la faune sauvage est revenue à environ 80 % des niveaux pré-guerre", calculent les chercheurs.  

Concepcion Alvarez @conce1


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