Publié le 25 avril 2012

ENVIRONNEMENT

L'IPBES sur les rails

Le GIEC de la biodiversité, dont l'idée avait été lancée en 2005 par Jacques Chirac, est officiellement créée. On sait que la plateforme siègera à Bonn en Allemagne, mais il reste encore d'importants travaux préparatoires avant que l'IPBES ne soit réellement opérationnelle. Ce que l'on attend pour sa première plénière, prévue en 2013.

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© IPBES

Les savoirs traditionnels inclus dans l'IPBES

Les représentants des peuples autochtones se sont félicités de l'inclusion des connaissances autochtones et détenteurs de savoirs divers dans le travail de l'IPBES. Joji Cariño, le représentant de la Fondation Tebtebba, a souligné que « les peuples autochtones et des communautés locales détiennent en profondeur et le temps d'une connaissance approfondie sur la biodiversité et les écosystèmes, complémentaire à la science et important pour la prise de décision. »

« Aujourd'hui, la Biodiversité a gagné », a déclaré Sir Robert Watson, le conseiller scientifique en chef du Département des affaires environnementales, alimentaires et rurales du Royaume-Uni et président de la réunion de Panama city lors de laquelle s'est créée officiellement la plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services éco-systémiques (IPBES), samedi 21 avril. Cette mise en place officielle de l'institution indépendante fait suite à des négociations internationales entamées il y a des années et qui avaient abouties au feu vert de l'Assemblée générale des Nations Unies en décembre 2010.

À l'image du GIEC, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, l'IPBES doit permettre de rapprocher les scientifiques des décideurs politiques sur la question de la biodiversité, mais aussi de collecter et de synthétiser des données éparses recueillies par les experts du monde entier, pour mettre la question de la perte de la biodiversité sur le devant de la scène. Ces fonctions principales seront « d'identifier et de hiérarchiser les principales informations scientifiques nécessaires aux décideurs politiques et à catalyser les efforts pour générer de nouvelles connaissances », effectuer des « évaluations régulières et en temps opportun de la connaissance sur les services de la biodiversité, des écosystèmes et de leurs interconnexions »; soutenir « la formulation de politiques et de la mise en œuvre en identifiant les politiques pertinentes des outils et des méthodologie », et mobiliser les moyens nécessaires -notamment financiers- pour répondre aux besoins les plus urgents en la matière. La plate-forme prendra aussi en compte les demandes des organes des Nations Unies, des organisations scientifiques, des ONG et du secteur privé.

Plus de 90 gouvernements en sont partie prenante. La France qui, en 2005, avait été à l'origine du projet par la voix de l'ex-président Jacques Chirac, n'a cependant pas obtenu le siège de l'Institution, qui lui a préféré Bonn, en Allemagne. La ville accueille déjà le programme des Nations Unies sur l'Environnement (UNEP) mais aussi la Convention sur les espèces migratoires.

La création de l'IPBES intervient aussi un an et demi après le sommet de Nagoya sur la biodiversité, qui a abouti en novembre 2010 à un accord de 193 Etats sur l'exploitation des ressources génétiques et le partage équitable des bénéfices qui en résultent. Ce Sommet a également permis d'adopter un plan d'action international sur la préservation de la biodiversité et la création d'un mécanisme financier.

Pour Irina Bokova, la directrice générale de l'UNESCO : « la création de l'IPBES, quelques semaines seulement avant la Conférence de Rio +20 est un signal fort. (...) J'espère que cet organe va permettre à ce que la biodiversité soit mieux prise en compte dans les stratégies de développement durable, comme a pu le faire le GIEC pour le changement climatique tout au long de ces 20 dernières années. La perte de la biodiversité est un indicateur essentiel des changements que sont en train de subir notre planète. »

Le lancement officiel de la plateforme ne signifie pas pour autant qu'elle sera immédiatement opérationnelle. D'« importants travaux préparatoires » devront être réalisés dans les prochains mois pour « permettre à la première plénière de l'IPBES (prévue début 2013) de commencer effectivement ses activités », a précisé la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB).

Béatrice Héraud
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