Publié le 10 septembre 2020

ENVIRONNEMENT

En cinquante ans, les animaux sauvages ont décliné de 68 % en raison des activités humaines

C'est le plus fort déclin jamais constaté en cinquante ans. Depuis 1970, le rapport Planète vivante du WWF, publié tous les deux ans pour suivre l'état de nos écosystèmes, a calculé que 68 % des populations de vertébrés sauvages (poissons, mammifères, oiseaux, amphibiens et reptiles) ont disparu. En cause, les activités humaines au premier rang desquels l'agriculture, fortement consommatrice de terres.

Moineaux Planete vivante AllegressePhotography
Le moineau domestique a connu une baisse de 60 % de sa population depuis 1980 en France.
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L’anguille européenne, le moineau domestique, la tortue luth en Guyane et au Costa Rica, le gorille des plaines orientales de la République démocratique du Congo, les perroquets gris du Gabon, ou encore l’esturgeon chinois. Toutes ces espèces ont quasiment disparu ou sont en danger critique d’extinction, en raison de la surpêche, de la pollution, du braconnage, de la destruction des milieux et du changement climatique. Au total, selon le nouveau rapport Planète vivante du WWF, publié ce 10 septembre, 68 % des populations de vertébrés sauvages ont disparu en seulement cinquante ans.

"Le constat de notre rapport Planète vivante est révoltant et le manque d’action pour inverser la courbe de ce déclin inacceptable. Les chiffres sont conformes à nos prévisions les plus pessimistes de 2016. Il doit d’autant plus nous inquiéter que nous sommes en pleine pandémie de Covid-19 dont les racines sont liées à nos modes de production et de consommation et à la perte de biodiversité", s’est alarmé Véronique Andrieux, directrice générale du WWF France. Et les chiffres sont encore plus inquiétants pour les milieux d’eau douce - zones humides, lacs ou rivières - avec un déclin moyen de 84 %. Les sous-régions tropicales des Amériques sont également les plus touchées avec un déclin de 94 %, le plus important jamais observé depuis 1970.  

Les activités humaines, principale cause de destruction de la biodiversité  

Ce déclin de la nature est étroitement lié aux activités humaines avec pour première cause directe de perte de biodiversité, la destruction des habitats pour l’agriculture industrielle. Elle est ainsi responsable de 80 % de la déforestation. Au total, 75 % des terres émergées ont été dégradées et un tiers d’entre elles sont aujourd’hui dédiées à l’agriculture. Cette dégradation concerne aussi les océans puisque seuls 13 % sont exemptés d’activités humaines et les zones humides ont perdu 85 % de leurs superficies.  

Le dérèglement climatique est également en cause. Aujourd’hui classé parmi les cinq menaces majeures, il pourrait devenir la première cause de disparition des espèces si rien n’est fait, entraînant la disparition d’au moins 20 % des vertébrés sauvages à horizon 2100. En 2016, le Melomys de Bramble Cay, un petit ronheur présent jusqu'alors en Australie, avait fait la une des journaux étant la première extinction connue de mammifère directement liée au changement climatique

Inverser la courbe   

"La destruction des écosystèmes à des fins agricoles demeure la principale cause du déclin de la biodiversité. Les solutions passent par la diminution de moitié de la consommation de viande, la lutte contre le gaspillage alimentaire et la transition agroécologique. Nous exhortons les décideurs à prendre leurs responsabilités pour aboutir à un accord ambitieux pour la nature et l’homme lors de la COP15 et mettre la France et l’Union européenne sur la voie d’une PAC (Politique agricole commune, NDR) plus verte, d’une relance réellement au service de la biodiversité et de la lutte contre la déforestation importée", plaide Arnaud Gauffier, directeur des Programmes au WWF France. 

L’ONG défend également un renforcement des efforts de conservation et l’extension du réseau mondial d’aires protégées. L'ébauche du texte qui sera négocié lors la COP15 Biodiversité, organisé en Chine en mai prochain, propose de protéger au moins 30 % de la planète d'ici 2030 et au moins 10 % sous stricte protection, ces pourcentages étant à négocier. Le WWF recommande en outre un engagement sur l’arrêt des extinctions d’espèces du fait de l’homme et la réduction de moitié de l’empreinte écologique de l’humanité.  

Concepcion Alvarez @conce1


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