Publié le 19 novembre 2020

ENVIRONNEMENT

Donald Trump tente de lancer les forages dans l’Arctique avant son départ de la Maison Blanche

Dans deux mois, Donald Trump quittera Washington. Mais il est bien décidé à laisser d’ultimes traces de son mandat. Notamment en Arctique où une procédure a été lancée pour vendre des concessions pétrolières sur des terres appartenant à l’État dans une zone protégée. Un pied de nez à Joe Biden qui a assuré que Washington interdira tout nouveaux permis sur des terres publiques pendant son mandat.

Yukon Alaska US Fish Wildlife Service
Donald Trump veut autoriser des forages pétroliers dans une zone protégée d'Alaska.
@USFishWildFireService

Dans un effort de dernière minute pour atteindre son but d'autoriser des forages dans le refuge national de la faune de l'Arctique, où vivent des ours polaires et des caribous, le gouvernement de Donald Trump a lancé formellement la procédure de vente de concessions pétrolières et gazières dans cette zone.

L’objectif est que la procédure aboutisse avant le 20 janvier, date à laquelle Joe Biden entrera à la Maison Blanche. Une claire provocation de l’actuel Président alors que son successeur a promis de protéger cette région côtière du nord-est de l'Alaska. Il a prévu plus généralement d'interdire les nouveaux permis de forage de pétrole et de gaz sur les terres appartenant à l'État ainsi qu'en pleine mer.

Nier la défaite

Le ministère avait déjà approuvé en août un programme ouvrant la voie à des forages sur une zone côtière longeant l'océan Arctique, portant au total sur 6 500 km2. La première de ces opérations pourrait concerner 1 600 km2. Les entreprises doivent, dit le ministère, faire part de leur intérêt et commentaires avant le 17 décembre. Un appel d'offres sera par la suite lancé "au moins 30 jours avant la date de la vente".

Pour Niel Lawrence, responsable de la zone Alaska pour l'association américaine de protection de l'environnement NRDC, la décision du ministère "illustre une nouvelle fois le refus de l'administration Trump d'accepter la réalité". "Personne ne doit sous-estimer la volonté (du gouvernement actuel) d'ignorer la loi pour faire avancer son programme mais je ne vois pas comment ils pourraient faire signer des concessions avant d'être poussés vers la sortie", a-t-il ajouté.

L’industrie emballée

Une loi votée en 2017 "a chargé le ministre de l'Intérieur de mettre en œuvre un programme de développement énergétique agressif et compétitif qui permette de faire circuler le pétrole dans une des artères énergétiques du pays, l'oléoduc Trans-Alaska long de 1 300 kilomètres, pendant encore des décennies", rappelle le ministère lundi.

La fédération regroupant les principales sociétés du secteur, l'American Petroleum Institute, s'est félicitée lundi de l'avancée du processus, "attendue depuis longtemps". L'exploitation d'hydrocarbures dans cette zone va "créer des emplois bien rémunérés et apporter une nouvelle source de revenus pour l'État - raison pour laquelle une majorité des habitants de l'Alaska soutiennent" le projet, souligne le responsable des affaires réglementaires de la fédération, Frank Macchiarola, dans un message transmis à l'AFP.

Terre brulées

Au-delà de la question pétrolière, Donald Trump essaie de pousser de nombreux leviers pour ces dernières semaines à la Maison Blanche dans une politique  qui n’est pas sans rappeler celle de la terre brûlée. En effet, celui-ci a lancé une consultation avec ses conseillers pour envisager une frappe militaire sur l’Iran. Sur un autre front, il a voulu nommer à la tête de la Réserve fédérale américain Judy Shelton qui défendait la fin de l’indépendance de la banque centrale américaine.

Sur ces deux dossiers, des contre-pouvoirs ont émergé. Les propres conseillers militaires de la Présidence ont écarté une intervention militaire, trop dangereuse et qui aurait grevé tous les efforts diplomatiques nécessaires dans les années à venir. Dans le second cas, c’est le Sénat qui a bloqué la nomination de la candidate trumpiste, arguant que la FED devait se baser sur des données macroéconomiques et non sur le bon vouloir du résident du bureau ovale.

Ludovic Dupin avec AFP


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