Publié le 04 juillet 2019

ENVIRONNEMENT

Comme la planète, la biodiversité a une limite... qui est déjà franchie

Il y a une limite à ne pas franchir pour le climat, et on la connaît. Le seuil fatidique a été fixé à +1,5°C par l'Accord de Paris. C'est cette limite qui permet aux entreprises, investisseurs, Etats d'agir. Or, sur la biodiversité, le seuil n'est pas encore bien défini ralentissant la mise en place de leviers efficaces. Certains acteurs comme CDC Biodiversité et ASN Bank ont décidé de prendre les devants. 

Novethic organisait le 4 juillet le Positive Investors Forum.
@Novethic / AFP-Services

Les chiffres sont alarmants. Selon le dernier rapport de l’IPBES, la Plateforme intergouvernementale pour la biodiversité, 75 % de l’environnement terrestre et 40 % de l’environnement marin présentent des "signes importants de dégradation". Sur les huit millions d’espèces estimées sur la planète, un million sont déjà menacées d’extinction. Mais quelle est la limite à ne dépasser ?

La question peut paraître anodine et pourtant, sur le climat, c’est la mise en place d’un curseur qui a favorisé la prise de conscience et surtout l’action. Les parties prenantes (entreprises, investisseurs, gouvernement, société civile) ont une limite à ne pas dépasser, les fameux +1,5°C défini dans l’Accord de Paris.

Ne pas attendre que la méthode soit parfaite avant d'agir

"L’établissement d’une limite à 1,5°C et un budget carbone a été extrêmement moteur dans la lutte contre le changement climatique", a expliqué Antoine Vallier, Chef de projet CDC biodiversité, lors du Positive investors forum(PIF) organisé par Novethic, "L’objectif est de créer une limite similaire sur la biodiversité pour pouvoir nous situer par rapport à cette limite".

C’est pourquoi CDC biodiversité, avec le Club des B4B+ des "Entreprises pour une biodiversité positive", travaille à l’élaboration d’un outil de mesure standardisé, spécialement adapté aux entreprises et aux acteurs financiers. Son nom : le Global Biodiversity score. Pour cela elle a le soutien de l’ASN Bank qui tente aujourd’hui de l’appliquer dans sa stratégie.

La banque a en effet pour objectif que tous ses investissements et prêts, d’ici 2030, aient un effet positif sur la biodiversité. Le chemin est encore long, la méthode n’est pas encore au point. Mais "si on attend d’avoir des méthodes parfaites, on n’y arrivera pas", explique Roel Nozeman, Senior advisor biodiversity à l’ASN Bank qui embarque plus de 50 entreprises dans sa démarche.

 Marina Fabre, @fabre_marina


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