La disparation de la Grande barrière de corail, déjà mise à mal par le réchauffement climatique, pourrait être accélérée par le développement voisin d’une mine de charbon géante financée par l’industriel indien Adani. Une telle catastrophe coûterait 1 milliard de dollars par an à l’Australie et menacerait 10 000 emplois.

Le projet de mine de charbon géante dans le Queensland en Australie à proximité de la Grande barrière de corail n’est pas une bonne nouvelle. La structure organique de 2 300 kilomètres de long est malade. Le réchauffement des eaux entraîne un blanchiment des récifs. Il touche désormais près de 1 500 kilomètres de la barrière. Ces épisodes de blanchiment, de plus en plus fréquents, peuvent conduire les coraux à la mort et menacer tout l’écosystème qu’ils abritent.
Pourtant l’argument environnemental ne semble pas suffire à alerter le Queensland. L’État, fortement touché par le chômage désire mettre à profit l’investissement de 14,6 milliards de dollars promis par la société indienne Adani pour exploiter les ressources charbonnières locales. Mais c’est une stratégie à court terme.
10 000 emplois menacés
Selon un rapport du Conseil australien sur le climat, publié début 2017, "la perte de la Grande barrière de corail pourrait coûter au Queensland un million de visiteurs par an, mettre en danger 10 000 emplois et retirer 1 milliard de dollars de l’économie".
"Ce n’est pas qu’une question environnementale. La Grande barrière de corail est l’un des plus importants atouts économiques de l’Australie. Elle injecte plus de 7 milliards de dollars chaque année dans notre économie et assure la subsistance de 70 000 personnes (à travers l’industrie du tourisme)", alerte Lesley Hughes, membre du conseil du climat.
36 milliards de dollars à l’échelle mondiale
L’Australie n’est pas le seul pays au monde menacé par la disparation des massifs coralliens. Selon une étude publiée dans le journal Marine Policy publiée en mai, 70 pays possèdent des "massifs coralliens à 1 million de dollars", c’est-à-dire des barrières qui ont le potentiel de rapporter 1 million de dollars par kilomètre carré.
30 % de ces massifs sont exploités par l’industrie du tourisme. Cela suffit à générer 36 milliards de dollars de revenus à l’échelle mondiale. "Ces récifs à un million de dollars sont des œuvres d’art. En posséder un est bien sûr une chose merveilleuse, mais il doit être protégé", alerte Mark Spalding, auteur principal de l’étude et chercheur en zoologie à l’Université de Cambridge.
Pour cela, il fait appel à la notion encore rare de "tourisme durable". Ces récifs coralliens "sont des endroits étonnants qui continueront d’attirer des millions de visiteurs. Ce que nous espérons, c’est que ces mêmes visiteurs créent la demande pour une meilleure gestion de ces récifs, ce qui leur donnera de plus grandes chances de rester en bonne santé".
Ludovic Dupin @LudovicDupin

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