Publié le 04 janvier 2018

ENVIRONNEMENT

CoFarming : comment les plateformes collaboratives aident à sortir de la crise agricole

Mutualiser le matériel, échanger des parcelles trop éloignées de son lieu d'habitation, partager les expériences sur telles ou telles cultures... Ces pratiques sont ancestrales dans le monde agricole mais plusieurs plateformes de CoFarming, d'économie collaborative, comme WeFarmUp ou FarmLeap contribuent à les généraliser sur tout le territoire. Un moyen 3.0 de réduire les coûts, l'endettement et d'accroître la compétitivité des agriculteurs français. 

Le CoFarming permet aux agriculteurs de mutualiser leurs biens pour faire des économies.

"Cherche un broyeur pour une semaine, une charrue, un plateau fourrager, un tracteur chargeur, un semoir de semis…" Pas de doute, la plateforme collaborative WeFarmUp est bien dédiée aux agriculteurs. Elle les met en relation pour qu’ils puissent louer leurs matériels. Le but est de réduire les coûts.

Accéder à du matériel sans s'endetter

"Nous pouvons ainsi avoir accès très simplement à ce matériel, sans s’endetter", explique le cofondateur de la plateforme, Laurent Bernède. En cinquante ans, l’endettement des agriculteurs a été multiplié par trois. En réponse, les plateformes de co-farming - co pour collaboratif et farming pour agriculture - se sont multipliées. Chez WeFarmUp, l’intérêt est avant tout économique, il permet de réduire de 40 % le nombre de matériels utilisés par les agriculteurs et de 30 % les charges de mécanisation.

Le propriétaire du broyeur rentabilise son engin et le loueur ne s’endette pas pour une machine qu’il n’utilisera que quelques jours dans l’année. "Cette année, la météo était capricieuse. Grâce à WeFarmUp j'ai pu andainer (faucher et mettre en tas) mon foin en quelques heures en louant un andaineur", témoigne Alain, agriculteur dans le Tarn. 

Échanger sa parcelle trop éloignée de son habitation 

La plateforme Echangeparcelle par exemple propose aux agriculteurs d’échanger leur prairie ou terres agricoles si elles sont trop éloignées de leur habitation grâce à un système de géolocalisation. "Une de mes parcelles est à 35 kilomètres de chez moi. J’ai lancé la plateforme pour échanger celle-ci avec un autre agriculteur", explique Michaël Jacquemin, fondateur du site.

"En tracteur, je mets une heure pour l’atteindre. C’est une perte de temps mais c’est aussi un souci environnemental. L’idéal est d’observer régulièrement ses cultures pour utiliser le moins souvent les produits phytosanitaires dans une démarche d’agroécologie. Quand la parcelle est loin, on systématise davantage l’utilisation de ces produits", explique l’agriculteur. En un an, plus de 350 échanges ont ainsi été réalisés, soit plus de 16 000 hectares.

Des pratiques anciennes qui prennent plus d'ampleur avec Internet

Chez FarmLeap, ce sont les données de parcelles que l’on partage. "L’objectif est de comparer son exploitation d’un point de vue agronomique et économique avec une autre proche localement", présente Maxime Rigo, cofondateur du site. "Chaque agriculteur expérimente des choses de son côté, souvent les mêmes que son voisin. L’idée est de gagner du temps et de la compétitivité grâce à l’intelligence collective".

Certes ces pratiques existent "depuis la nuit des temps", reconnaît Jean-Paul Hebrard, directeur général de WeFarmUp, mais grâce aux nouvelles technologiques les agriculteurs peuvent "créer un véritable maillage numérique qui rapproche les exploitations et leur permet de mutualiser leurs moyens de production", défend-il. 

Marina Fabre@fabre_marina


© 2018 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles