Publié le 17 juin 2019

ENVIRONNEMENT

La candidate française à la présidence de la FAO envisage toutes les solutions pour lutter contre la faim, y compris les OGM

La candidate de l'Union européenne à la présidence de l'organisation pour l'alimentation et l'agriculture des Nations unies (FAO), la Française Catherine Geslain-Lanéelle, souhaite que "toutes les solutions" soient envisagées pour éradiquer la faim sur la planète, y compris l’utilisation des OGM et des autres biotechnologies. La malnutrition est repartie à la hausse depuis trois ans au niveau mondial.

Catherine Geslain-Lanéelle est candidate pour l'Europe à la tête de la FAO, en charge de l'alimentation et l'agriculture pour l'ONU.
@XavierRemongin/agroculture.gouv.fr

La candidate de l'Union européenne à la présidence de la FAO, la Française Catherine Geslain-Lanéelle, souhaite que "toutes les solutions" soient envisagées pour éradiquer la faim dans le monde, y compris l’utilisation des organismes génétiquement modifiés et l’ensemble des biotechnologies. Des solutions qui font souvent débat en Europe.

Celle-ci affirme ne pas vouloir arriver avec des solutions toutes faites e veut envisager toutes les solutions possibles pour lutter contre la faim dans le monde. "Je veux que cette organisation travaille à partir de toutes les solutions qui existent, (...) des solutions et des innovations basées sur la science, au service de l'objectif, c'est-à-dire réduire la faim, l'éradiquer, lutter contre la pauvreté, éliminer la malnutrition, et promouvoir l'agriculture durable", a-t-elle déclaré à l'AFP.

Des débats sans a priori

L'ancienne directrice exécutive de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), qui brigue la direction de l'Agence des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), rappelait ainsi sa position, énoncée en avril à Rome, lors de la présentation de sa candidature. "Si je vois qu'il y a un riz OGM enrichi en vitamines, qui pourrait permettre d'apporter des solutions à la malnutrition, eh bien je crois qu'il faut examiner ce produit et cette innovation, au regard de ses éventuels bénéfices, de l'impact sur la santé, sans a priori", ajoute-t-elle.

"Ces sujets-là, on doit en débattre, on n'attend pas du parti pris, on attend du dialogue, de la discussion, la FAO, c'est le lieu où ça doit se débattre", souhaite-t-elle. Elle réagissait à un article du Guardian, selon lequel elle avait promis aux États-Unis qu'elle ne défendrait pas la position de l'UE, s'agissant des OGM. En Europe, les cultures OGM sont sévèrement réglementées depuis 2001 et dans les faits sont interdites dans la plupart des pays, à l'exception de quelques dérogations portant sur le maïs en Espagne, par exemple.

La faim en progression

"La vision que j'ai d'une organisation comme celle-là, qui est donc une agence des Nations Unies, c'est qu'elle ne peut pas être au service d'un intérêt particulier, français, européen, américain ou chinois", affirme Catherine Geslain-Lanéelle. Elle souligne que lors de son intervention à Rome, elle a évoqué les biotechnologies, mais sans les mettre "plus en avant que d'autres solutions", évoquant aussi l'agriculture de précision, l'agriculture de conservation des sols, l'agriculture biologique ou l'agroécologie.

"La faim est repartie à la hausse, dans un contexte de ressources limitées ou dégradées, et d'impact de plus en plus marqué du changement climatique", rappelle-t-elle. En effet, depuis trois ans, la faim dans le monde croît. Elle touchait, en 2017, 821 millions de personnes, un niveau comparable à celui de 2010. La situation s'aggrave en particulier en Amérique du Sud et dans la plupart des régions d'Afrique.

L’élection à la tête de la FAO se déroulera les 22 et 23 juin à Rome, au siège de la FAO. La Française devra faire face à Ramesh Chand (Inde), Davit Kirvalidze (Géorgie) et Qu Dongyu (Chine).

Ludovic Dupin avec AFP


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