Publié le 12 décembre 2017

ENVIRONNEMENT

L’Afrique veut se tourner vers une agriculture intelligente pour s’adapter au changement climatique

L’agriculture africaine est une des premières victimes du réchauffement climatique. D’ici 2025, les deux tiers des terres agricoles seront incultivables si rien ne change. Face à la situation, l’Agence française de développement va financer l'initiative triple AAA pour orienter le continent vers une agriculture intelligente.

Le PIB de l'Afrique repose à 30 % sur l'agriculture.
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C’est un des continents les moins émetteur. L’Afrique n'est responsable que de 4 % des émissions de gaz à effet de serre sur la planète. Et pourtant, "il subit de plein fouet les conséquences de cette destabilisation climatique, surtout dans l’agriculture", a souligné Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture marocain, lors du One Planet Summit.

Deux tiers des terres agricoles seront incultivables en 2025 

Selon les prévisions de la Banque mondiale, deux tiers des terres africaines agricoles seront incultivables en raison du changement climatique d’ici 2025. Face à ce constat, lors de la COP22 qui s’est tenu à Marrakech, une trentaine de pays a lancé l’initiative dite triple A, Adaptation of African Agriculture. Le but étant que le continent se tourne vers une agriculture intelligente. "C’est une des solutions au réchauffement du climat", estime Aziz Akhannouch.

Concrètement l’initiative tourne autour de trois axes. D’abord le travail du sol, "quand on travaille bien le sol, on peut planter des arbres et capter beaucoup de CO2", explique le ministre marocain. La gestion de l’eau est le deuxième objectif, le dernier étant la recherche de financement pour les petites exploitations qui constituent la majorité du paysage agricole africain. 

Une perte de 1,4 % de PIB par an si rien ne change 

Le programme Triple A a reçu ce 12 décembre le soutien financier de l’Agence française de développement (AFD). "L’agence adore cette initiative. Surtout parce que c’est une initiative africaine", avance Rémy Rioux, directeur général de l’AFD. "Nous sommes "all" Afrique, nous voulons être la première agence de développement non africaine qui ne coupe pas l’Afrique en deux". C'est-à-dire qui n'oublie pas l'Afrique subsaharienne. 

Une adaptation nécessaire pour l’Afrique dont l’agriculture représente 30 % du PIB. "Sans adaptation, le PIB va baisser de 1,4 % par an", prévient Laura Tuck, vice présidente du développement durable de la Banque mondiale. "Cette initiative va permettre de trouver des solutions innovantes et de créer de l’emploi", conclut-elle. En Afrique du Sud, le pays le plus émetteur du continent, la mise en oeuvre d'une agriculture intelligente pourrait réduire de 48 % les émissions de gaz à effet de serre. 

Marina Fabre @fabre_marina


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