Sans attendre, le nouveau Président brésilien, Jair Bolsonaro, officiellement en poste depuis le 1er janvier, a mis en pratique l’une de ses promesses phares de campagne. L’attribution des terres indigènes passe entre les mains du ministère de l’Agriculture, dirigé par Tereza Cristina da Costa, une ancienne représentante du lobby de l’agrobusiness. L’objectif est de faciliter leur exploitation minière et forestière.

Quelques heures à peine après sa prise de fonction, le nouveau Président brésilien Jair Bolsonaro officialise une mesure polémique. Il a décidé de placer la démarcation des terres attribuées aux peuples autochtones sous la tutelle du ministère de l’Agriculture, par une ordonnance publiée le 2 janvier. Auparavant, l’attribution de ces territoires était régulée par la Fondation de l’Indien (Funai), organisme public chapeauté par le ministère de la Justice.
C’est désormais la toute nouvelle ministre de l’Agriculture, Tereza Cristina da Costa, ancienne représentante du puissant lobby de l’agrobusiness, qui aura en charge cette question. Jair Bolsonaro souhaite que ces terres revendiquées par les Indiens du Brésil soient ouvertes à des activités commerciales et préconise l’"intégration" des Indiens au sein de la société brésilienne.
Appétit vorace de l’agrobusiness
Pour les défenseurs de la cause indienne, ce transfert de compétences revient à livrer les territoires ancestraux à l’appétit vorace de l’agrobusiness. "Vous avez vu ? Le démantèlement a débuté. La Funai n’est plus responsable de l’identification, de la délimitation et de la démarcation des terres indigènes", a déploré sur Twitter la leader indienne Sonia Guajajara.
Cette annonce est aussi un mauvais signal pour la planète. Pour de nombreux experts environnementaux, les peuples indiens du Brésil constituent les derniers gardiens de l’Amazonie et l’une des solutions les plus efficaces pour lutter contre la déforestation et le changement climatique.
Le président d’extrême droite ne devrait pas s’arrêter là. Il a promis d’amender une série de réglementations environnementales, de promouvoir l’usage des pesticides ou encore de sortir de l’Accord de Paris. En décembre dernier, il a déjà renoncé à accueillir la COP25 de 2019. 
Concepcion Alvarez, @conce1

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