Publié le 04 octobre 2017

ENTREPRISES RESPONSABLES

RSE : Seulement 6 % des entreprises ont une vision complète de leur chaîne d'approvisionnement

EcoVadis, plateforme d’évaluation de la performance RSE des entreprises, vient de lancer son "Indice de Performance RSE des chaînes d’approvisionnement internationales et risques associés". Un outil qui doit permettre de mesurer et suivre les progressions des entreprises en matière d’achats responsables et de risques RSE. Nécessaire alors que seulement 15 % des entreprises ont une vision claire sur leurs fournisseurs de rang 1 et 2, et 6 % au-delà.

Les sous-traitants européens sont notés les plus sûrs en matière de RSE, selon les critères d'Ecovadis
Pixabay

50 à 70 % des impacts des entreprises sur la société et l’environnement sont liés à leur chaîne d’approvisionnement. C’est pourquoi la question du choix des fournisseurs est centrale dans la démarche RSE (Responsabilité sociétale des entreprises). Selon le baromètre Ecovadis/HEC, près de 80% des entreprises au niveau mondial déclarent ainsi qu’il est important d’intégrer des critères RSE dans leurs appels d’offres. Paradoxe : elles n’ont qu’une visibilité partielle de leur chaîne d’approvisionnement. Seulement 15% ont une visibilité complète sur leurs fournisseurs de rang 1 et 2 et 6% au-delà…

Pour les aider à mieux évaluer ces risques, la plateforme d’évaluation RSE des fournisseurs Ecovadis vient de lancer un nouvel indice permettant de mesurer et de suivre les progressions des entreprises en matière d’achats responsables et de risques (1) selon leurs secteurs d’activité et leurs zones géographiques.

Sa première édition se base sur un échantillon de plus de 20 000 fournisseurs. Il s'agit essentiellement des PME (80 %), issus de 10 secteurs d’activités différents et répartis dans 3 régions du monde (Europe, Amériques et AMEA). Ils seront évalués chaque année sur 21 critères regroupés en 4 thèmes : environnement, social, éthique des affaires et maîtrise de la chaîne d'approvisionnement.

Les PME/ETI progressent plus vite que les grandes entreprises

Résultats : les sous-traitants européens présentent le risque le plus faible dans le monde, avec un score moyen de 48/100. Aucune entreprise européenne n’obtient un score en dessous de 25/100, signe de risque élevé. Les entreprises américaines plafonnent à 40/100 (risque moyen) et celles de la zone AMEA à 38,2/100. Cette zone, qui regroupe l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie, reste la plus contrastée. On y trouve le plus grand nombre de fournisseurs présentant un risque élevé en matière sociale, environnementales, d’éthique des affaires ou de gestion de leur chaîne d’approvisionnement. Mais on y trouve également le plus fort taux de progression.

Autre donnée intéressante de l’indice, la répartition par secteurs d’activité, qui permet aux entreprises de se "benchmarker" avec leurs pairs. Au niveau mondial, sur les 10 secteurs étudiés (2), ce sont les PME/ETI du secteur de la construction et de l'agroalimentaire qui regroupent le plus d’entreprises à risques faibles en matière de RSE. Du côté des grandes entreprises, l'industrie manufacturière légère et le secteur financier et conseil aux entreprises regroupent respectivement 56% et 51% des fournisseurs à risque RSE faibles. 

Un retour sur investissement plus important dans le futur

Globalement, les plus forts taux de progression en matière de RSE sont réalisés dans les entreprises de moins de 1 000 salariés (+14,9% contre 12,3% pour les grandes entreprises). Pour Pierre-François Thaler, co-fondateur et co-CEO d’Ecovadis, cela s’explique par de "multiples facteurs parmi lesquels la recherche d’avantages compétitifs, l’adaptation à la demande des clients, les nouvelles réglementations et la meilleure maîtrise de leurs propres fournisseurs".

Pour Ecovadis, "les données montrent que les initiatives récentes prises en matière de RSE (pollution environnementale, esclavage moderne, minerais des conflits…) dans la chaîne de valeur commencent à porter leurs fruits. Et nous pouvons espérer de plus grands dividendes dans le futur si tant est que les initiatives lancées par les entreprises ou la réglementation se renforcent".

Béatrice Héraud @beatriceheraud

(1) La première édition de l’Indice Performance/Risque d’EcoVadis.

(2) Industrie manufacturière légère, métallurgie et industrie lourde, industrie électronique, agroalimentaire, construction, distribution, transport, TIC, finance & conseil, secteur primaire et industries extractives.


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