Publié le 27 août 2020

ENTREPRISES RESPONSABLES

Relance post-Covid : trois mesures essentielles pour transformer durablement les entreprises

Les entreprises françaises sont actuellement réunies à l'événement annuel du Medef pour demander l'aide du gouvernement afin de relancer une économie mise à genoux par l’épidémie de coronavirus et la rendre plus durable. Cette réflexion est mondiale. Trois grandes mesures se détachent déjà : une meilleure transparence sur les aspects extra-financiers des entreprises, la définition de trajectoires basés sur la science et l’incitation à développer des entreprises ayant un impact positif sur la société.

Mesures verte relance iStock anyaberkut

@anyaberkut

Des données plus harmonisées pour mieux flécher les investissements

Serpent de mer, l’accessibilité et l’harmonisation des données environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) est urgente. Si les grandes entreprises et celles cotées en bourse ont l'obligation de fournir ces données, celles-ci restent peu comparables et insuffisantes pour bien évaluer la durabilité des sociétés et leur capacité à transformer l’économie. Des standards commencent à émerger mais ils restent spécifiques à certains domaines comme le climat.

L’Europe, pionnière sur la transparence ESG, entend prendre une longueur d’avance alors que les standards privés internationaux et les agences de notations ESG passées sous pavillon américain affûtent leurs armes. Cet été, plusieurs associations de place comme la Fédération bancaire européenne (EBF) et celle des assureurs (Insurance Europe) ont ainsi appelé à créer une base de données européenne harmonisée en open source. L’enjeu est d’importance alors que la taxonomie verte qui entrera en vigueur en 2021 devra permettre de définir la "part verte" des entreprises. Dans un rapport publié cet été, le Global Investors for Sustainable development (1) va plus loin, il demande un reporting obligatoire et harmonisé au niveau mondial, notamment sur les Objectifs de développement durable (ODD).

Des données qui devraient aussi pouvoir alimenter une comptabilité triple capital, intégrant réellement le capital naturel et humain au côté du capital financier. 

Développer des stratégies basées sur la science

Face à l’urgence environnementale, les entreprises doivent définir des scénarios de transition basés sur les dernières données scientifiques validées au niveau international comme celles du GIEC, le groupe d’experts international sur le climat. Plusieurs initiatives permettent déjà aux entreprises de s’engager dans une telle démarche, comme ACT (Assessing low carbon transition), les Science based targets ou le CDP temperature rating dédié aux Investisseurs. Mais aucune méthode ne fait encore figure de panacée.

Certaines entreprises comme L’Oréal commencent aussi à travailler sur les limites planétaires qui englobent climat et biodiversité. Ces démarches sont cruciales pour adapter son business model aux évolutions environnementales qui impactent de plus en plus leurs activités (événements climatiques extrêmes, pandémie, disparition des espèces…). Cela demande néanmoins une coopération inédite entre les acteurs économiques, les pouvoirs publics à toute échelle, les scientifiques et les ONG.

Valoriser l’impact pour réellement changer la donne

Les politiques de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et l’analyse extra-financière (ESG) se généralisent. Les investisseurs les plus avancés travaillent ainsi sur l’impact des entreprises sur la société avec une mesure axée sur la façon dont les activités et l’organisation de celles-ci répondent aux défis environnementaux et sociaux.

Après les appels à définir une raison d’être, certains dirigeants n’hésitent plus à appeler au développement des sociétés à mission. Ce type d’entreprises, qui tente d’équilibrer impact sociétal et rentabilité, a été poussé en France par la loi Pacte mais se développe dans d’autres pays du monde. Parmi ses fers de lance internationaux, Danone. Son PDG, Emmanuel Faber, accompagné d’une dizaine d’autres comme ceux de Philips, de L’Oréal ou d’Interface (Leaders on Purpose) appellent ainsi les gouvernements du monde entier à reconnaître ces entreprises comme un quatrième secteur de l’économie et à développer des incitations fiscales et réglementaires pour les développer et faire grandir leurs écosystèmes.

Béatrice Héraud, @beatriceheraud   


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