Publié le 19 octobre 2012

ENTREPRISES RESPONSABLES

La RSE des petites et moyennes entreprises, gage de performance

La dernière étude du Gaïa Index, un indice boursier qui sélectionne des petites et moyennes entreprises cotées sur leurs performances extra-financières, met en évidence des progrès. Sur les trois dernières années, les sociétés les plus « exemplaires » font mieux, en Bourse, que l'indice de référence et améliorent leur prise en compte des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG).

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Publication Gaia Index

Palmarès Gaïa Index 2012 des cinq meilleures valeurs

Pour évaluer la performance RSE des sociétés de son panel, le Gaïa Index applique 117 critères, dont 62 purement quantitatifs.

Catégorie moins de 150 millions d'euros de chiffre d'affaires
Hologram (*)
Prodware
Keyrus (*)
1000mercis
High Co

Catégorie 150 à 500 millions d'euros de CA
Soitec
Toupargel
Vetoquinol (*)
Thermador
Séché

Catégorie plus de 500 millions d'euros de CA
Bic
Steria
Sopra
Bongrain
Manitou (*)

(*) Valeurs qui apparaissent pour la première fois dans le top 5.

« Au-delà du taux de réponse qui progresse tous les ans, c'est la structuration des équipes et des processus de démarche RSE qui marque le véritable changement en 2012 ». Présentant sa quatrième enquête annuelle, mardi 16 octobre 2012, l'équipe du Gaïa Index a mis en évidence une « dynamique de progrès » dans la prise en compte et la communication des enjeux ESG chez les petites et moyennes entreprises. « L'intérêt de la démarche RSE n'est plus discutée » affirme ainsi Gaël Faijean, président de Gaïa Index. Cet indice qui sélectionne 70 valeurs parmi un univers de 229 PME ou ETI (*) en fonction de critères ESG est désormais utilisé par certaines sociétés de gestion. « Environ 200 millions d'euros sont investis dans des fonds PME/ETI qui utilisent les services Gaïa Index » précise Gaël Faijean.

La séparation des fonction de gouvernance à la traîne

C'est sur la gouvernance, et de loin, que le panel de 229 PME et ETI analysées par EthiFinance, l'agence de notation spécialisée, est le plus avancé. Le rapport montre que les conseils d'administrations se professionnalisent. En témoigne la baisse de la part d'administrateurs exécutifs (40% en 2011 contre 43% en 2010). La rémunération des administrateurs dépend désormais, dans trois cas sur cinq, de leur assiduité aux réunions. Parallèlement, un mouvement de féminisation des instances dirigeantes est en marche. Alors que la loi impose un quota de 20% d'ici 2014, les femmes représentaient 15% des administrateurs du panel à fin 2011, soit trois point de plus que l'année précédente.

En revanche, la séparation des fonctions de gouvernance reste l'exception plutôt que la règle. Seuls 20% des sociétés ayant répondu fonctionnent avec un conseil de surveillance et un directoire. L'étude du Gaïa Index met également en garde contre le risque de corruption : près de deux tiers des sociétés implantées dans des pays à risque n'ont pas mis en place de politique pour prévenir ce phénomène.

Sur le volet social, l'égalité des chances constitue un talon d'Achille pour les PME et ETI. En moyenne, les sociétés du panel n'embauchent que 2% de salariés en situation de handicap, alors que la loi impose un minimum de 6% dans toute entreprise de plus de vingt personnes. Les femmes, qui constituent 39% des effectifs du panel, sont sous-représentées chez les cadres. Autre motif de déception : la formation est en perte de vitesse à cause de la crise. Les sociétés y ont consacré en moyenne 2% de leur masse salariale en 2011, soit deux fois moins qu'en 2009. On peut noter toutefois certaines avancées, notamment dans le dialogue social : 85% des sociétés analysées ont signé des accords relatifs aux conditions de travail, une proportion qui a plus que doublé en deux ans.

Sur l'aspect environnemental, les trois quarts des sociétés disent avoir mis en place un dispositif de tri des déchets, et la moitié déclarent mener des actions de recyclage de l'eau.

Les relations avec les clients et fournisseurs font l'objet, pour la première fois cette année, d'une thématique spécifique. Près de 4 sociétés sur 5 indiquent avoir mis en place des critères sociaux et environnementaux dans leur processus de sélection des fournisseurs. Après avoir publié une charte des achats responsables basée sur les principes du Pacte Mondial, la société de services informatiques Sopra a ainsi institué, en 2011, un questionnaire d'évaluation RSE de ses fournisseurs. Constitué d'une vingtaine de questions, ce dernier est systématiquement adressé aux fournisseurs et prestataires du groupe (équipement informatique, transports, nettoyage, etc). Sopra y a associé un système d'alerte si de mauvaises pratiques sont repérées de manière durable.

RSE et performance boursière

Depuis sa création, l'équipe du Gaïa Index compare la performance de sa sélection de 70 valeurs avec celle du CAC 40 et du CAC Mid & Small, constitué également de PME et ETI. Sur les douze derniers mois, le Gaïa Index fait moins bien que les indices mentionnés (+6,1% contre +10% et +12,5%, respectivement). Mais si on observe les trois dernières années, il surpasse, et de loin, les deux indices phares (+16,5% contre -11,6% et +3,7%, respectivement). « La surperformance s'est faite essentiellement pendant les phases de baisse des marchés, notamment pendant l'été 2011 et en mai 2012 » précise Gaël Faijean. « Il apparaît que les valeurs du Gaïa Index présentent moins de volatilité, donc de risques, que leurs pairs ».

Le lien entre performance RSE et performance boursière n'a jamais fait consensus. Pourtant, certains experts de doutent pas de son existence. « Un comportement extra-financier exemplaire, cela comprend une gouvernance adaptée et une certaine loyauté vis-à-vis des clients et fournisseurs. Autant d'éléments qui maximisent les chances de créer de la valeur » estime ainsi Bruno Fine, gérant chez Roche Brune Asset Management. « Plus que les grands groupes, les petites sociétés sont à même d'insuffler une dynamique positive à leurs salariés, fournisseurs et clients » renchérit Patrick Savadoux chez Mandarine Gestion. « Or une entreprise qui traite bien ses salariés et ses parties prenantes délivre en général de meilleurs résultats économiques, et donc une performance boursière supérieure ».

(*) On dénombre environ 430 PME et ETI cotées en France, hors institutions financières.

Thomas Lestavel
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