Publié le 06 mars 2018

ISR / RSE

[INFOGRAPHIE] Prix et délais insuffisants : quand les chaînes d’approvisionnement mondiales déraillent

Il est urgent d’améliorer les relations entre donneurs d’ordre et fournisseurs. C’est ce qui ressort d’une étude publiée par le Bureau International du Travail (BIT) sur les chaînes d’approvisionnement. Elle met en lumière les exigences intenables des acheteurs, c’est-à-dire souvent des grands groupes ou des entreprises occidentales, envers leurs fournisseurs situés à l’autre bout du monde. Avec de graves conséquences pour ces derniers.

Délais trop courts, prix serrés, les fournisseurs des chaînes d'approvisionnement mondiales subissent de plein fouet les exigences des donneurs d'ordre.
FIDH

Les chaînes d’approvisionnement, supply chain en Anglais, sont au cœur de notre système économique. Elles concentrent un emploi sur cinq dans le monde et représentent 80 % du commerce mondial. Alors quand elles déraillent, l’impact est immense.

Et, malheureusement, le dysfonctionnement est bien là, à en croire l’étude du Bureau International du Travail publiée en décembre 2017 (1) sur les pratiques d’achat dans la supply chain. Elle porte sur un large échantillon de 1 422 fournisseurs, répartis dans 87 pays et concernant 1,46 million de travailleurs.

Des fournisseurs et leurs employés fragilisés

Selon cette étude, près de 40 % des fournisseurs (et 52 % dans le textile) déclarent avoir déjà accepté des commandes à des prix ne couvrant pas leurs coûts de production. La majorité des entreprises estime que les délais sont trop courts et un tiers trouve que les spécificités techniques sont incomplètes. Par ailleurs, les augmentations de salaire minimum ne sont pas répercutées sur les acheteurs, c’est-à-dire les grands groupes. Pire, les codes de "bonne" conduite imposés par les donneurs d’ordre ne donnent pas forcément lieu à plus de moyens financiers pour assurer les changements nécessaires en matière de sécurité par exemple.

Résultat, les fournisseurs et leurs employés sont fragilisés. La moitié rapporte des difficultés financières, un tiers craint un risque de faillite et un autre tiers avoue avoir des difficultés à payer les salaires. Les premiers à en pâtir sont les travailleurs précaires qui comptent en moyenne pour 20 % de la main d’œuvre employée par les fournisseurs.

Béatrice Héraud @beatriceheraud

(1) L’étude est consultable ici

Pour en savoir plus sur les chaînes d’approvisionnement, voir notre dossier.


© 2018 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

Voir nos offres