Publié le 05 mars 2018

ENTREPRISES RESPONSABLES

Fusillade aux États-Unis : Walmart décide de limiter les ventes d’armes dans ses magasins

Décidément, il y aura un avant et après fusillade de Floride où 17 professeurs et étudiants ont trouvé la mort. Après le gestionnaire d'actifs géant Blackrock, ce sont deux enseignes majeures de la distribution qui veulent lever le pied sur la vente d’armes.

Doug McMillon, PDG de Wallmart, prend position pour limiter la vente des armes aux États-Unis.
Wallmart

Deux grandes enseignes américaines, Walmart (grande distribution) et Dick's Sporting Goods (premier distributeur d’articles de sport aux États-Unis), ont annoncé leur intention de restreindre la vente d'armes dans leurs magasins, tandis que le président Donald Trump surprenait tout le monde en soutenant des mesures de contrôle des armes à feu, dans le cadre du débat relancé par la tuerie en Floride.

"Nous devons faire quelque chose. Nous devons agir", a déclaré Donald Trump lors d'une réunion à la Maison Blanche de membres du Congrès démocrates et républicains, durant laquelle il a soutenu des mesures pour le contrôle des armes plus fortes que celles prônées par son parti.

Il s'est prononcé pour des vérifications approfondies et des limitations d'achat pour les malades mentaux ainsi qu'un relèvement de 18 à 21 ans de l'âge légal pour acheter certaines armes. Il a demandé aux législateurs des deux partis d'y travailler ensemble. "Vous avez peur de la NRA" (National Rifle Association), le puissant lobby américain des armes, a-t-il lancé à un sénateur républicain.

Minimum de 21 ans

Alors que beaucoup se sont émus qu'à 19 ans, le tireur de Parkland ait pu acheter légalement un fusil d'assaut AR-15 tout en étant trop jeune, au vu de la loi, pour consommer de l'alcool, le géant des supermarchés Walmart a annoncé relever l'âge de vente des armes et des munitions dans ses magasins à 21 ans.

"Compte tenu des récents événements, nous avons revu notre politique sur les armes à feu", a expliqué le groupe dans un communiqué. Depuis 2015, l'entreprise, qui assure se consacrer avec ses rayons d'armes aux "sportifs et chasseurs", ne vend plus de fusils d'assaut semi-automatiques. À l'époque, elle avait mis en avant non pas des considérations politiques ou sociétales, mais une baisse de la demande. Sauf en Alaska, Walmart ne vend pas non plus d'armes de poing.

Plus tôt dans la journée, au moment où les lycéens de Parkland reprenaient le chemin de l'école, Edward Stack, le PDG de Dick's Sporting Goods, une des plus grandes chaînes de magasins de sport des États-Unis, annonçait que son entreprise ne vendrait plus de fusils d'assaut semi-automatiques.

"Nous sommes profondément perturbés et attristés par les événements tragiques qui se sont déroulés à Parkland", a-t-il réagi, en révélant que sa société avait vendu en novembre 2017 une arme à Nikolas Cruz, responsable de cette tuerie qui a fait 17 morts il y a deux semaines.

"Ce n'était ni l'arme, ni le type d'arme utilisé par le tireur. Mais cela aurait pu être le cas", a reconnu Edward Stack. "Les pensées et les prières ne sauraient suffire", a-t-il insisté tout en exhortant à agir pour qu'une telle tragédie de ne se reproduise pas.

Respect du deuxième amendement

Outre l'interdiction de ces armes légales dans plus de 40 Etats américains, Dick's ne vendra plus de chargeurs à grande capacité et refusera la vente d'armes aux personnes de moins de 21 ans bien que certaines législations locales l'autorisent.

Le patron de Dick's s'est efforcé de ne pas heurter les partisans des armes, soulignant "soutenir et respecter le second amendement" de la Constitution qui autorise détention et port d'armes. Pour autant, dit-il, la violence par armes est "une épidémie" qui tue des enfants.

Au-delà de Wallmart et Dick's Sporting Goods, plusieurs entreprises américaines se positionnent dans le débat sur les armes. Certaines ont d'ores et déjà pris leurs distances, ne souhaitant plus être associées à la NRA au risque de perdre de nombreux clients.

Les loueurs de voitures Hertz et Enterprise (Alamo, National), les assureurs Metlife et Chubb ou encore la société de sécurité informatique Symantec ont officiellement mis fin vendredi aux avantages consentis aux plus de 5 millions de membres de la NRA. Dans leur sillage, les compagnies aériennes Delta Air Lines et United Airlines ont aussi supprimé les réductions accordées à ces mêmes membres.

La NRA a estimé que ces décisions étaient "un affichage honteux de la lâcheté civique et politique".

La Rédaction avec AFP


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