Publié le 17 mars 2021

ENTREPRISES RESPONSABLES

[Entreprise à mission] Avec son comité de mission, Openclassrooms met l’impact au cœur de son action

C’est l’une des premières entreprises à avoir franchi le pas de la société à mission en 2020. L’Edtech Openclassrooms a un objectif : rendre l’éducation accessible à tous, partout. Une ambition forte qu’il mesure et développe grâce à son comité d’impact pour faire en sorte que cette mission soit source d’un business durable et rentable. Openclassrooms ouvre le bal de notre série sur ces entreprises à mission, qui veulent changer les modèles traditionnels.

Openclassroom entreprise a mission
Les fondateurs de l’Edtech Openclassrooms, Pierre Dubuc et Mathieu Nebra, ont une mission : rendre l’éducation accessible à tous, partout.
@openclassrooms

"Rendre l’éducation accessible à tous, partout". C’est la mission que s’est fixée Openclassrooms lorsqu’elle a adopté la qualité d’entreprise à mission en janvier 2020. L’ambition n’est pas nouvelle pour cette société qui propose des formations professionnalisantes en ligne. Elle était déjà à l’origine de l’association qui a précédé l’entreprise. Mais son inscription dans les statuts de l’entreprise lui a donné une autre dimension, encore plus business.

"C’est indéniablement un plus à la fois pour notre marque employeur et notre marque commerciale", assure Pierre Dubuc, le co-fondateur et CEO d’Openclassrooms. "Les prospects nous en parlent et cela a permis d’en convertir certains en clients comme la fondation JPMorgan avec qui nous travaillons sur des contrats d’apprentissage destinés à réduire le décrochage scolaire", précise-t-il. Mais le suivi de la mission et son lien avec le business est un travail au long cours. Pas toujours évident d’expliquer aux commerciaux qu’il faut refuser certaines entreprises comme clientes parce que leur demande ne cadre pas avec la mission de l’entreprise. Par exemple quand celles-ci refusent de mettre la formation créée à leur intention dans le catalogue d'Openclassrooms pour que le plus grand nombre puisse y avoir accès. 

Le comité de mission, gardien du temple

Comme toutes les sociétés à mission, Openclassrooms peut toutefois compter sur son comité d’impact. Composé de 19 experts et représentants des parties prenantes (clients, étudiants, salariés, mentors, institutions publiques et investisseurs), il est "le garant indépendant de la bonne exécution de notre mission sur le long terme", assure Pierre Dubuc. Pour le connecter à la stratégie, il travaille en étroite relation avec le Conseil d’administration.

"Les débuts ont été ‘challenging’ et rock n’roll", sourit Maureen Sigliano, la présidente du comité d’impact et fondatrice de la société de conseil Cascine PAL. "Notre mission était de travailler sur l’accès aux publics les plus éloignés de l’éducation et de l’emploi. Nous venions de mondes très différents et le contexte était particulier : celui des Gilets jaunes puis du Covid-19. Pour que notre travail soit pertinent, nous devions absorber cette réalité et la traduire dans la recherche d’impact".

Après plusieurs mois de travail, le comité de mission a présenté un premier rapport d’impact en octobre 2020. Il y définit cinq publics défavorisés à cibler en priorité : les personnes éloignées de l’emploi, peu qualifiées, en situation de handicap, vivant dans des quartiers défavorisés, et les réfugiés. Pour mieux les atteindre, le comité a proposé plusieurs leviers d’actions avec des objectifs à horizon 2021 (voir infographie). "Travailler à intégrer davantage ces publics faisait déjà partie de notre stratégie mais le travail du comité a permis de cadrer les choses et d’apporter une expertise des sujets très complexes", souligne Pierre Dubuc.

 

Un impact déjà visible

Les résultats sont là. Pour cibler les publics éloignés de l’emploi, le comité préconise le développement de partenariats avec des entreprises et le financement par des tiers. Openclassrooms travaille désormais avec Pôle Emploi ou des régions, ce qui permet de financer 70 % des formations aux chômeurs, et 1 200 entreprises jouent le jeu de l’alternance.

Pour augmenter l’employabilité, l’EdTech assure aussi la formation des contrats de reconversion, par exemple pour les salariés des entrepôts d’Amazon qui voient leur poste se robotiser. Des programmes qui permettent à Openclassrooms d’afficher une promesse forte : si vous ne trouvez pas un emploi dans les six mois qui suivent votre diplôme, l’entreprise rembourse intégralement le parcours.

Béatrice Héraud, @beatriceheraud

 

Pour en savoir plus sur les sociétés à mission, consultez notre page pédagogique ! 


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