Publié le 30 août 2019

ENTREPRISES RESPONSABLES

Au Medef, l’entreprise appelée à prendre de nouvelles responsabilités face aux défis mondiaux

No(s) futur(s). Avec cet intitulé, l’organisation patronale a donné le ton de "La rencontre des entrepreneurs de France" (REF), nouveau nom de l’université d’été du Medef. Face au changement climatique, aux inégalités et aux conflits, le capitalisme est à la croisée des chemins. Certains y voient la fin d’un système. Pour Geoffroy Roux de Bézieux, patron du Medef, les entreprises sont "surtout" la solution.

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Nouveau lieu, l'hippodrome de Longchamp, pour une nouvelle version des Universités d'été du Medef, rebaptisée la rencontre des entrepreneurs de France.
@BH

Lors de leur rencontre au sommet, les patrons auraient pu se contenter de plaider pour les baisses de charges et d’impôts. Ces sujets, tout comme les questions sociales traditionnelles sur l’âge de la retraite ou la réforme de l’assurance chômage ont largement eu leur place. Mais, pour le patron des patrons, Geoffroy Roux de Bézieux, citant Cyrano, c’eût en réalité été "un peu court".

Grandes questions sociales et environnementales, tentative d'éco-conception de l’événement, invités inhabituels comme la Gilet jaune Jacline Moureau et le chef amazonien Almir Narayamoga Surui, tribune ouverte aux étudiants du réveil écologique… La nouvelle tête du Medef a voulu marquer la différence avec son prédécesseur en présentant un syndicat patronal en prise avec son temps : soucieux des interrogations et de la remise en cause du capitalisme et du rôle des entreprises.

Un passage en réalité obligé face aux inégalités croissantes, à l’accélération du changement climatique et à l’épuisement des ressources. "À chaque instant, l’écart entre ce qu’on fait et ce qu’on devrait faire augmente", a rappelé Bertrand Piccard, le pilote de l’avion Solar Impulse.

Entreprises part de la solution

"Le système a trouvé ses limites. Le réchauffement climatique a servi de révélateur, mais ce n’est plus un signal faible : il faut repenser le système !", assure Isabelle Kocher, PDG d’Engie. Un discours que l’on a entendu tout au long de ces deux jours de débats, de la part des acteurs économiques, politiques et de la société civile. Même si leur réponse diffère.

Celle du patronat est de confier les rênes aux entreprises. "J’ai la conviction que les entrepreneurs réussiront, comme à chaque fois, à retrouver un futur, à réinventer le modèle d’économie de marché. Les [entreprises] sont parfois à la racine du problème, mais aussi et surtout la solution", a ainsi insisté Geoffroy Roux de Bézieux.

Le Medef en veut notamment pour preuve les engagements "chiffrés, vérifiables et contrôlables" des entreprises dans la lutte contre le changement climatique. C’était l’objet de la présentation, en clôture, de la nouvelle version du French Climate Pledge. Cette initiative, lancée lors du One Planet Summit en décembre 2017, a été plus rapide que prévu avec des investissements de plus de 60 milliards d’euros dans les solutions bas carbone. Elle s'enrichit aujourd'hui de nouveaux investissements (dont près de 10 milliards de plus pour les énergies vertes) et regroupe désormais 101 entreprises françaises.

"La transition énergétique modifie en profondeur les modèles économiques, jusqu’à celui du secteur financier. Avec la nécessité de réconcilier deux impératifs, la lutte contre le changement climatique et la réduction des inégalités", a rappelé Diony Lebot, directrice générale déléguée à la Société générale. Et si les opportunités existent, il y aura des perdants de "ces bouleversements inéluctables", a ajouté Elisabeth Borne, la nouvelle ministre de la Transition écologique et solidaire.

Réconciliation des intérêts des parties prenantes

Si l’entreprise fait partie de la solution, elle ne fera pourtant pas le chemin seule. L’heure est à la réconciliation des intérêts des parties prenantes. En travaillant en partenariat entre les entreprises et les collectivités, pour réduire les fractures sociales ou énergétiques des territoires, comme est venu le présenter Xavier Bertrand, président de la région des Hauts de France.

En dé-diabolisant la relation entre syndicats et patronat, comme l’a appelé Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT. En répartissant davantage la valeur avec les salariés. En respectant davantage la planète et ses ressources, pour le chef Almir Narayamoga Surui. En répondant au besoin de sens et de cohérence des futurs employés, appellent les étudiants du réveil écologique…

Béatrice Héraud @beatriceheraud


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