Publié le 07 novembre 2007

ÉNERGIE

Ouverture de la première école à « énergie positive »

L'école de Limeil-Brevannes (Val de Marne) s'apprête à être inaugurée, le 10 novembre, après des travaux qui ont duré un peu plus d'un an. Labellisée « zero énergie » et conçue en étroite concertation avec les habitants de la ville, cette école HQE se veut exemplaire, à l'avant-garde des bâtiments basse consommation et des comportements « écoconscients ».

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Plans de l'école Jean Louis Marquèze

350 millions pour des bâtiments publics eco-efficients

Pour améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments publics, qu'il s'agisse de construction ou de rénovation, un programme de financement de 350 millions d'euros a été lancé, le 16 octobre 2007, par le MEDAD (Ministère de l'Ecologie du Développement et de l'Aménagement Durables), les Caisses d'épargne et la Banque Européenne d'Investissement (BEI). Les investissements qui auront pour but de rendre un bâtiment public éco-efficient feront l'objet de financement à des conditions avantageuses proposés par les Caisses d'épargne, adossées à la BEI. Ce programme s'inscrit dans la démarche "Haute Qualité Energie Environnement" conçu avec l'ADEME pour améliorer les performances énergétiques des bâtiments.
L'Etat s'est fixé un objectif de 50 % de constructions en Haute Performance Energétique (HPE) à horizon 2008.

Le projet a débuté en 2005, avec la décision de construire une nouvelle école pour répondre au besoin des nouveaux habitants de Limeil Brévannes (94) et la volonté de la mairie d'en faire un chantier HQE. L'approche « énergie positive » (c'est à dire produisant plus d'énergie qu'il n'en consomme) est apparue lors de la concertation menée avec les parents d'élèves par le bureau d'études Tribu, en retenant le scénario de la centrale photovoltaïque parmi les sept priorités environnementales proposées. Un objectif haut de gamme, avec un surcoût d'environ 30 % par rapport à un bâtiment conventionnel, qui s'élèvera finalement à 5,5 millions d'euros sur l'ensemble des travaux débutés depuis septembre 2006.

Cas d'école

Comment l'école Jean Louis Marquèze tient-elle sa promesse d'« énergie positive » ? Avec une surface de 3000 m2 sur 2 niveaux, dont 5 classes de maternelle assorties d'un jardin potager, une zone d'accueil, des bureaux administratifs, la restauration au rez-de-chaussée, 7 classes de primaires et une cour de récréation à l'étage, c'est pourtant possible. Premier axe : garantir au groupe scolaire une basse consommation. Triple vitrage, sur-isolation des murs avec 18 cm de laine minérale, installation d'une toiture végétalisée de 5 à 8 cm d'épaisseur... La synergie des techniques employées confère au bâtiment un très faible coefficient de déperdition thermique (estimé à moins de 0,4 W/m2°C). De larges baies vitrées dans les classes, orientée sud-sud-est, aidées d'un patio au rez-de chaussée, d'une verrière et de pavés de verre dans les couloirs de l'étage visent à maximiser le recours à la lumière naturelle et diminuer l'usage de l'éclairage électrique en plein jour. Enfin, une ventilation dite « double flux », pour récupérer sans dépenser d'énergie la chaleur contenue dans l'air intérieur avant de le rejeter vers l'extérieur, et une pompe à chaleur puisant ses calories dans la nappe phréatique pour servir le chauffage des pièces, complètent ce panorama de la conception passive.

L'indispensable apport des énergies renouvelables, solaires en l'occurrence, représente le second volet de la formule. Cette production d'énergie propre est matérialisée par un chauffe-eau solaire - en mesure de couvrir avec ses 30 m2 de panneaux 60 % des besoins de la collectivité - et 800 m2 de panneaux photovoltaïques, disposées en toiture et en façade. D'une capacité estimée à 80 000 kWh par an, cette source d'électricité solaire, intégralement réinjectée dans le réseau EDF au prix de 55 cts d'euro le kWh, apporterait à la commune une recette de près de 44 000 euros. « A moyen terme, le surplus d'énergie va permettre d'amortir le surcout de l'investissement », confirme Agathe Dahan, directrice de la communication de la mairie de Limeil-Brévannes.

Intégrée à l'environnement

Mais la volonté de la municipalité de réduire l'empreinte écologique est aussi globale. Outre l'option évidente des ampoules basse conso, la consommation d'eau du bâtiment se propose d'être la plus économe possible. Avec une robinetterie à temporisation et double débit et, pour arroser les espaces verts, une récupération des eaux de pluies. Pour éviter le trafic automobile du à l'arrivée ou la sortie des classes, un système d'accompagnement des enfants à pied, un « pédibus », va être organisé avec les parents. Ultime innovation, bien en vue dans la bibliothèque, un écran à plasma pointera en temps réel la consommation et la production électrique de l'établissement.

« Une école « zéro énergie » est une affaire de conception, mais aussi de comportement et de pédagogie. La consommation énergétique d'un bâtiment dépend principalement de ceux qui l'utilisent, » insiste le dossier de presse du projet. Plusieurs machines à café laissées allumées en permanence induiront ainsi une hausse de 5% de la consommation électrique. Même chose avec les ordinateurs en veille. Si les enfants ont été sensibilisés et associés durant l'année 2007 au déroulement des travaux de leur future école, à travers une visite du chantier et une exposition, un « mode d'emploi » doit aussi être transmis aux équipes techniques et enseignantes. Réunions de concertation et d'information, notices d'utilisation des locaux et des installations... La démarche d'accompagnement HQE s'étendra sur les deux premières années de fonctionnement de l'école, prolongée d'ici 2011 par la construction d'un écoquartier complet, les « Temps durables ». Et quoi de mieux qu'une école pour faire oeuvre éducative ?

Maxence Layet
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