Publié le 06 mars 2014

ÉNERGIE

Municipales 2014 : le match NKM-Hidalgo sur l'environnement

A quelques semaines des élections municipales, la bataille pour la mairie de Paris bat son plein. Anne Hidalgo, dans la continuité de Bertrand Delanoë, accorde une large place à l'environnement dans son programme. Nathalie Kosciusko-Morizet, en tant qu'ancienne ministre de l'Environnement, est attendue elle aussi sur ces questions. Zoom sur quelques grande thématiques environnementales qui rapprochent ou distinguent les deux favorites des élections parisiennes.

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Le candidat d'EELV prend 7 engagements

Christophe Najdovski, le candidat d'Europe Ecologie Les Verts pour Paris, prend sept engagements dans son programme « Vivre Mieux à Paris ». Parmi ceux-ci, il propose de faire de Paris la capitale du vélo en investissant 125 millions d'euros en faveur de cet usage (contre 25 actuellement), développer le co-voiturage, étoffer l'offre de transports en commun. Sur l'aspect santé, Christophe Najdovski souhaite diminuer les antennes-relais en ville et exclure les produits contenant des perturbateurs endocriniens pour la Ville de Paris. Autres mesures proposées : généraliser le bio dans les cantines, intégrer 50 % de produits durables d'ici 2020 dans toute la restauration collective, développement du compostage de proximité (y compris dans les appartements), de l'agriculture urbaine, des produits locaux sur les marchés et de l'ESS. Ou encore la multiplication par 10 des surfaces de panneaux solaires thermique et photovoltaïques, essor des eco-quartiers utilisant les énergies renouvelables.

TRANSPORTS

Mobilité douce

Sans surprise, la question des transports est très présente dans les programmes des deux favorites pour la mairie de Paris. Pour Anne Hidalgo, comme Nathalie Kosciusko-Morizet, le développement de la mobilité douce est au cœur de leur projet environnemental. Elles se rejoignent sur les grandes lignes comme l'essor de l'usage du vélo et l'augmentation des pistes cyclables. Le vélo électrique est aussi une piste commune aux deux candidates : Anne Hidalgo veut faire de Paris « le leader de la mobilité électrique » en proposant une partie de Velib' électrique et une extension d'Autolib' à toute la métropole. NKM, de son côté, souhaite faire de la capitale la « ville électrique » en doublant le bonus écologique pour les très petites entreprises et les artisans. Les deux adversaires prévoient l'installation de bornes de recharge supplémentaires pour les particuliers, et des bornes de recharges rapides pour les professionnels. Les zones piétonnes sont également au menu des deux projets. NKM s'est fixé un objectif de 200 hectares de surfaces piétonnes dans la capitale. Les deux candidates se retrouvent également sur la question des horaires du métro, qu'elles souhaitent plus étendus.

Automobile

Pour désengorger la capitale et réduire la pollution, le co-voiturage est plébiscité par les candidates PS et UMP. Nathalie Kosciusko-Morizet veut développer les voies réservées aux bus et au co-voiturage sur les autoroutes d'accès à Paris. Anne Hidalgo, elle, propose de réserver une voie aux voitures transportant au moins 3 personnes sur les autoroutes d'accès aux aéroports.

Haro sur le diesel pour la candidate PS. Anne Hidalgo se fixe 50 % des livraisons en ville en mode non diesel en 2017, puis zéro en 2020. La candidate PS veut également prohiber progressivement les bus de tourisme diesel. De son côté, Nathalie Kosciusko-Morizet veut interdire l'accès à la capitale aux poids lourds très polluants dès 2017. Et veut également bannir le diesel de la flotte municipale et systématiser l'électrique pour les véhicules de la ville et les bus de la RATP.

TRANSITION ENERGETIQUE

Anne Hidalgo milite pour la mise en place de plusieurs éco-quartiers « zéro déchet et zéro carbone ». La première adjointe de Bertrand Delanoë propose aussi un « nouveau plan de rénovation thermique des logements parisiens » pour réduire la consommation et les émissions de carbone. La candidate PS veut promouvoir la production d'électricité d'origine locale et renouvelable, augmenter l'énergie biomasse, la méthanisation des déchets, la géothermie... et travailler sur la maîtrise énergétique de l'éclairage. Elle souhaite augmenter l'installation de panneaux solaires et thermiques sur les toits des bâtiments publics et privés, promouvoir la cogénération (la production d'électricité et de chaleur avec la même énergie), et organiser des défis « familles à énergie positive » pour développer les éco-gestes.

Nathalie Kosciusko-Morizet, pour sa part, milite pour un « Paris à énergie positive » qui produise davantage d'énergie qu'il n'en consomme. Pour cela, elle propose notamment une expérimentation des "immeubles intelligents" (température modulable pièce par pièce, eau chaude produite grâce à des panneaux solaires...) et un système d'éclairage plus performant sur le plan énergétique. Nathalie Kosciusko-Morizet envisage aussi d'augmenter la couverture du périphérique pour y placer des panneaux solaires destinés à fournir une énergie de proximité. La candidate UMP s'est fixé pour but de produire la moitié des besoins du bâtiment et du transport via des sources renouvelables « à échéance de 10 à 20 ans ».

ECONOMIE

Economie circulaire

L'économie circulaire est largement abordée dans le projet de la candidate PS. Anne Hidalgo veut la favoriser la création de « cafés réparations », qui seront des espaces collaboratifs pour la réparation divers objets. Elle entend aussi créer des déchetteries de proximité, des déchetteries mobiles à proximité des marchés, et étendre le compostage en pieds d'immeuble. Pour inciter au tri et à la collecte, la candidate PS propose de développer les initiatives « donnant-donnant », lancer un programme de compostage et rapprocher acteurs privés et associations pour le recyclage de l'aluminium et des appareils électro-ménagers. Au niveau agricole, Paris est envisagée comme la « métropole du consommer local », avec, entre autres, des marchés réservés pour les producteurs de la région ou la création d'un label pour la nourriture francilienne. Anne Hidalgo entend également développer l'agriculture urbaine, sur les toits, dans les espaces en friche, dans les containers...

En matière de traitement des déchets, Nathalie Kosciusko-Morizet opte pour une « politique fiscale incitative ». Parmi les mesures envisagées, la réduction de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères pour les copropriétés pratiquant le tri sélectif.

Clauses sociales dans les marchés publics

Si NKM ne fait pas mention de sujets liés à la RSE dans son programme. Dans les marchés publics de la ville, la candidate PS envisage elle d'intégrer une clause pour l'égalité professionnelle et une clause anti-discrimination. Elle annonce également vouloir expérimenter le recours au CV anonyme pour les recrutements hors concours de la fonction publique. Enfin, elle proposera aux 252 000 entreprises parisiennes de signer Charte de la diversité.

SANTE ENVIRONNEMENTALE

Concernant la santé environnementale, les deux candidates font des propositions voisines, notamment en ce qui concerne l'alimentation biologique dans les écoles parisiennes. Nathalie Kosciusko-Morizet s'engage à inclure 35 % de bio (100% pour les fruits et légumes frais) dans les cantines scolaires d'ici 2020, tandis qu'Anne Hidalgo vise un taux de 50% à la même échéance.

Le thème des perturbateurs endocriniens leur est également commun. Nathalie Kosciusko-Morizet mise sur un plan « Paris, capitale 0 perturbateur endocrinien », qui traite cinq volets : qualité de l'air intérieur, alimentation, information, biovigilance et eau. Sur la question de la qualité de l'eau, la candidate UMP souhaite détecter des pollutions liées aux perturbateurs endocriniens et aux médicaments. Anne Hidalgo, pour sa part, veut instaurer un plan parisien de lutte contre les polluants chimiques et les perturbateurs endocriniens, notamment via une politique d'achats responsables, une plus forte exigence sur la qualité sanitaire des produits utilisés dans les opérations de construction et d'entretien dans les crèches et dans les écoles, et par un usage restreint de produits phytosanitaires.

Céline Oziel
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