Publié le 15 mai 2017

ÉNERGIE

Emmanuel Macron à l’Élysée, Édouard Philippe à Matignon… Qu’en pensent les partenaires sociaux et économiques ?

Dimanche 7 mai, Emmanuel  Macron a été élu 8e Président de la République, alors que l’homme faisait pour la première fois face aux suffrages des Français. Le lundi 15 mai, il a nommé le maire du Havre, Edouard Philippe, Premier Ministre. Peu connu du grand public, cet ancien directeur des affaires publiques d’Areva a été au cabinet d’Alain Juppé lorsque ce dernier était ministre de l’Environnement en 2008. Ces deux hommes neufs vont devoir travailler avec les partenaires sociaux, économiques et politiques. Que pensent-ils de ce nouveau duo ?

Edouard Philippe Emmanuel Macron
Emmanuel Macron et Édouard Philippe, deux nouveaux à l'Elysée et à Matignon.
LOIC VENANCE / AFP

 

Jean-Louis Bal, Président du Syndicat des énergies renouvelables (SER)

"Déployer 26 GW de capacité d’électricité renouvelable supplémentaire d’ici 2023"

C’est sans réserve que Jean-Louis Bal, président du Syndicat des Énergies Renouvelables (SER), appuie le programme environnemental du locataire de l’Élysée : "Le programme du Président de la République élu, dans le domaine de la transition énergétique, s’inscrit dans la continuité de la trajectoire engagée depuis dix ans, et va permettre à nos secteurs, qui comptent aujourd’hui 100 000 emplois, de poursuivre leur croissance et leur développement industriel". Les équipes d’En Marche et du SER ont travaillé ensemble lors de l’élaboration des propositions d’Emmanuel Macron. Le syndicat professionnel entend poursuivre cette collaboration : "Nous nous tenons à sa disposition pour travailler avec elle sur les moyens de déployer 26 GW de capacité d’électricité renouvelable supplémentaire d’ici 2023", explique-t-il.

 

BlackRock, gestionnaire d’actifs

"Le risque politique est surestimé en Europe"

Le premier gestionnaire d’actifs de la planète BlackRock, qui depuis la COP21 a pris des positions très engagées sur le risque climat, a communiqué son analyse sur l’élection d’Emmanuel Macron, qui "marque un changement profond dans le paysage politique français". "L'élection française confirme notre point de vue selon lequel les marchés ont eu tendance à surestimer le risque politique en Europe", peut-on lire dans un communiqué. Le gestionnaire souligne la volonté du locataire de l’Élysée de réformer le marché du travail : "Emmanuel Macron a mené une campagne axée sur le changement, privilégiant des réformes pro-entreprises et une plus grande intégration européenne. Il s’est d’ailleurs engagé à ramener le déficit budgétaire à l’objectif de 3 % via des baisses de dépenses, des investissements ciblés et l’assouplissement du marché du travail".

 

Sortir du nucléaire, Greenpeace et EELV

"La complaisance envers l'industrie nucléaire en marche!"  

  

L’organisation anti-nucléaire, Sortir du Nucléaire, déjà heurtée par le fait que le nouveau Président veuille préserver une large partie du parc nucléaire, n’a que très peu goûté la nomination d’Édouard Philippe à Matignon. Elle dénonce son passé d’ancien directeur des affaires publiques d'Areva. Elle parle de "complaisance envers l'industrie nucléaire". L’ONG va dans le même sens qu’EELV qui "déplore particulièrement la nomination comme Premier ministre d’un élu qui a aussi été cadre dirigeant chez Areva", alors que "le projet présidentiel du candidat Macron était très insuffisant sur les sujets climatiques et environnementaux". Même son de cloche chez Greenpeace : "Quand notre nouveau premier ministre fut lobbyiste pour Areva. On est au top pour la transition énergétique !"

 

Christiane Lambert, Présidente de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA)

 "Une France forte dans une Europe qui protège"

 

Sur les réseaux sociaux, la Présidente de la FNSEA, Christiane Lambert salue "l’engagement (d’Emmanuel Macron) pour une France Forte dans une Europe qui protège". Par ailleurs, un communiqué de la FNSEA appelle le nouveau Président à créer  "un ministère au périmètre élargi, intégrant l’agriculture, l’alimentation, la forêt et les territoires ruraux : c’est la combinaison de ces missions qui redonnera du souffle au développement économique des territoires, favorisant ainsi la réconciliation entre agriculture, environnement et société". Le syndicat agricole veut aussi "retrouver du revenu par un juste retour de valeur aux producteurs, tant les rapports de force déséquilibrés ont affaibli les capacités économiques des exploitations". Pendant la campagne, Emmanuel Macron avait envoyé de nombreux gages au monde agricole. Le nouveau Président souhaite redonner un pouvoir de négociation aux producteurs face aux industriels et lancer un grand plan d'investissement de 5 milliards d'euros sur 5 ans.


La FNSEA apprécie également la nomination d'Édouard Philippe à Matignon : "Ce choix donne également, à l'Europe et au monde, les signes d'une France dynamique et audacieuse, d'une France à l'esprit de conquête", écrit-elle dans un communiqué.

     

 
Gérard Mestrallet, Président de Paris Europlace, Président d’Engie 

"Le discours sur la finance ennemie a marqué les esprits"

Dans une interview aux Échos le 15 mai, Gérard Mestrallet, Président d’Europlace et Président d’Engie, se réjouit de l’élection d’Emmanuel Macron : "nous considérons comme important que les Français aient choisi un candidat pro-business, pro-européen, et à la fibre sociale, qui connaît tous les enjeux d'attractivité". Il ajoute : "il y a quelques points à débloquer : celui de l'image et celui du droit du travail. Le discours sur "la finance ennemie" ou la taxe à 75 % ont marqué les esprits. Sur le droit du travail, nous avons vu au cours de nos nombreux entretiens avec les institutions financières internationales que c'était une priorité. (…) Les choses vont bouger avec Emmanuel Macron, qui a annoncé sa volonté de réformer le marché du travail par ordonnances".

 

Grégoire Leclercq, Président de la Fédération des Auto-Entrepreneurs (FEDAE)

"Insertion et lutte contre le travail au noir"

Après avoir établi un bilan très négatif du quinquennat précédent vis-à-vis des travailleurs indépendants, Grégoire Leclercq, président de la Fédération des Auto-Entrepreneurs (FEDAE) adresse dans une tribune son message au nouveau Président. Selon lui, "il y a urgence à massifier, élargir et éclaircir l'exercice du travail indépendant. L'économie collaborative émerge, le travail freelance ne cesse de se développer". Une urgence car selon ce représentant : "qui dit travail indépendant dit levier d'insertion, dit rebondissement professionnel, dit lutte contre le travail au noir, préférence pour l'activité plutôt que pour l'assistanat, levier de croissance bien évidemment…". "Monsieur le Président, bonne chance pour ce chantier d'avenir. Il est passionnant et engageant, il impacte aujourd'hui 6 à 8 millions de Français, 15 millions demain. Ils comptent sur vous !", conclue-t-il.

 

Les ONG environnementales (FNE, LPO, Surfrider Foundation, Réseau Action Climat, Humanité et Biodiversité, Fondation Nicolas Hulot, WWF France, Amis de la Terre)

Pour l’Environnement : "un ministre d’État, numéro deux dans l’ordre protocolaire"

C’est dans une lettre commune et ouverte que la FNE, la LPO, Surfrider Foundation, le Réseau Action Climat, Humanité et Biodiversité, la Fondation Nicolas Hulot, Pascal Canfin, le WWF France et les Amis de la Terre ont adressé leurs félicitations et recommandations à Emmanuel Macron. Ces ONG rappellent "la pertinence d'un grand ministère, avec à sa tête un ministre d’État, numéro deux dans l’ordre protocolaire, en charge du développement durable (écologie, biodiversité, climat et énergie, transport, logement et urbanisme, aménagement du territoire, pêche et mer)". Selon eux, sa mise œuvre, "initiée dans la dynamique du Grenelle de l'environnement", a fait ses preuves et répondra à sa volonté d’un "gouvernement resserré".

 

L’Union Française de l’Électricité (UFE)

"Moderniser la France en apportant des réponses aux tensions sociales, territoriales et identitaires"

L’Union professionnelle se réjouit de l’élection du candidat qui a choisi de préserver une large part du parc nucléaire et de favoriser le déploiement des usages de l’électricité, notamment dans les transports. Mais l’UFE va au-delà en avertissant le nouveau locataire de l’Élysée : "La tâche est immense pour réformer et moderniser la France en apportant des réponses aux tensions sociales, territoriales et identitaires qui traversent notre pays". Face à ces défis, elle assure que "l’électricité est à la fois un des vecteurs pour retrouver de la croissance et un élément-clé du progrès social pour les citoyens et les territoires dans leur diversité".

 

 

Ludovic Dupin
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