Publié le 04 avril 2019

ÉNERGIE

La Chine réduit les aides à l’achat de véhicule électrique pour structurer la filière

Les autorités chinoises ont réduit de manière drastique les subventions accordées pour l’achat d’un véhicule électrique. Sans pour autant abandonner leurs ambitions pour cette filière, qui doit atteindre le 2 millions de vente en 2020. Mais en renforçant la réglementation sur les constructeurs et en les poussant à travailler sur la compétitivité, la Chine espère rationaliser la filière.

Avec presque 1,3 million de véhicules électriques vendus en 2018, la Chine représente plus de la moitié des ventes mondiales.
@Wikicommons

C’est un coup de frein majeur sur les subventions à l’achat d’un véhicule électrique, que le gouvernement chinois vient de donner. Il vient de décider de réduire de 67 % le volume des aides accordées au secteur, bien plus que ce qui était prévu auparavant. Les primes pour un véhicule de moins de 250 km d’autonomie sont supprimées, les autres sont diminuées de 47 à 60 % en fonction du niveau d’autonomie. Les autorités publiques locales n’auront par ailleurs plus le droit d’offrir une rallonge aux primes. Ce n’est qu’une première étape : le gouvernement prévoit de supprimer toutes les subventions en 2020.

La Chine n’abandonne pas pour autant ses ambitions dans le secteur, mais veut réguler le risque d’emballement. Selon un rapport de France Stratégie, la Chine est devenue en quelques années le plus gros marché mondial du véhicule électrique, franchissant dès 2017 le cap des 50 % des ventes de véhicules particuliers électriques dans le monde. En 2018, les ventes ont approché les 1,3 million d’unités, en progression de 62 % par rapport à l’année précédente.

Structurer la filière

Les chiffres de vente sont en ligne avec les ambitions du gouvernement chinois, qui vise les 2 millions de véhicules électriques vendus en 2020 et 16 millions en 2030. Mais cette augmentation rapide s’est accompagnée d’un effet d’aubaine auprès des constructeurs chinois. Ils sont aujourd’hui plus de 200 à proposer des véhicules électriques, profitant des généreuses subventions qui peuvent atteindre dans certains cas la moitié du prix du véhicule.

En réduisant son soutien à l’achat, les autorités chinoises veulent rationaliser l’amont de la filière, en incitant à la concentration des acteurs. Selon France Stratégie, sous peine de voir le marché s’effondrer, les constructeurs vont devoir faire un effort sur les prix des véhicules électriques pour que ceux-ci restent comparables à ceux des véhicules traditionnels. Seuls les plus compétitifs et les mieux organisés au niveau industriel s’en sortiront. La Chine fait le pari que les constructeurs gagnants miseront sur le développement de nouvelles technologies pour rendre leurs véhicules plus attractifs.

Des investissements dans les infrastructures

Après avoir soutenu le marché côté automobilistes, la Chine structure donc la filière côté constructeurs. Ceux-ci sont désormais soumis à une double obligation réglementaire. Depuis 2018 ils doivent répondre à des objectifs de réduction de la consommation de carburant de leur gamme de véhicule. Et, à partir de cette année, les véhicules à énergie nouvelle (électrique à batterie, hybride rechargeable, hydrogène) devront représenter au moins 10 % de la production de chaque constructeur en 2019, et 12 % en 2020.

En parallèle, le gouvernement chinois veut renforcer ses investissements dans les infrastructures de recharge, un impératif pour assurer le développement du véhicule électrique en dehors des grands centres urbains. Là encore, les ambitions sont élevées. L’étude de France Stratégie dénombre près de 280 000 bornes de recharge publiques au 31 août 2018 (et 365 000 bornes privées). L’État prévoit d’atteindre 4,8 millions de bornes en 2020. Une sacrée progression, portée par la réduction du coût des bornes, passé de 26,9 centimes d’euros par Watt fin 2014, à 7,7 centimes d’euros par Watt fin 2017.

Arnaud Dumas @ADumas5


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