Publié le 06 mars 2019

ÉNERGIE

Au salon de Genève, les constructeurs automobiles dans l’impasse face aux nouvelles normes d’émissions de CO2 en Europe

Les constructeurs automobiles ont toujours été réticents à l’application des nouvelles normes d’émissions de leurs véhicules. Mais à l’occasion du Salon du Genève, les dirigeants de PSA et Toyota expriment leurs doutes sur les moyens d’y arriver, mettant même en garde sur les effets pour la filière.

Carlos Tavares PSA automobile EricPiermont AFP
Carlos Tavares, PDG de PSA, craint que les nouvelles normes européennes pour l'automobile ne fragilisent la filière.
@EricPiermont/AFP

Du 5 au 17 mars se tient le salon de l’automobile de Genève, l’un des grands rendez-vous du secteur. Les petites citadines y jouent des coudes avec les gros SUV, tandis que les motorisations électriques viennent se nicher sous les capots des prestigieux modèles d’Aston Martin, de Mercedes et de Jaguar.

"La percée du véhicule électrique a été annoncée plusieurs fois ces dernières années à Genève. Mais cette fois c'est crédible", estime Ferdinand Dudenhöffer, directeur du Center Automotive Research, établi en Allemagne. L’une des raisons est l’instauration de nouveaux seuils de CO2 imposés dès l'an prochain par la Commission européenne. Il s’agit de réduire les émissions de CO2 des nouveaux véhicules de 37,5 % d’ici 2030.

Mais des voix s’élèvent dans les allées du salon. Interrogé par le Figaro, Carlos Tavares, le patron de PSA, tire la sonnette d’alarme. Pour lui, "le vote du Parlement européen est un vote contre l’industrie européenne". Non sans une pointe de menace, le dirigeant met dans la balance l’avenir des 13 millions d’employés de la filière en Europe.

Pas encore de solution

En ce sens, il fait écho aux propos précédemment tenus, fin 2018, par l’Association des constructeurs automobiles européens (ACEA). Dans un rapport réalisé par FTI Consulting, le groupement assure que "des objectifs de CO2 trop stricts, ainsi qu’un quota de vente irréaliste pour les véhicules électriques pourraient entraîner de graves problèmes structurels dans l’UE". Concrètement, les fournisseurs et constructeurs européens devraient produire respectivement 38 % et 17 % de pièces en moins pour les véhicules électriques que pour les modèles thermiques.

On entend les mêmes interrogations du côté de Didier Leroy, numéro 2 de Toyota. Pour lui, "personne n'a aujourd'hui la solution" pour parvenir à la réduction des émissions de CO2 exigée par l'Union européenne. "Les solutions techniques existent", ajoute-t-il mais "le défi principal est de trouver une solution qui est accessible et convenable". "C'est un énorme défi pour tout le monde, y compris pour nous, (mais) si on ne trouve pas la solution, on n'aura qu'à changer de métier", ajoute-t-il.

Ludovic Dupin avec AFP


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