Publié le 27 novembre 2015

ÉNERGIE

Pour NégaWatt, une transition énergétique ambitieuse est possible. Et nécessaire.

La nouvelle édition du manifeste NégaWatt démontre que les hypothèses développées par les experts de l’association depuis 2003 sont aujourd’hui confirmées par les faits. NégaWatt peut ainsi se féliciter d’avoir proposé le seul scénario de transition énergétique en France qui soit compatible avec une baisse des émissions suffisante pour rester sous les 2 degrés de réchauffement global. Revue de détail. 

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Un champ d'éoliennes
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Trois ans seulement après sa première parution, une nouvelle édition du manifeste NégaWatt vient de sortir chez Actes Sud. Pourquoi si vite ? Outre la version poche et l’opportunité éditoriale représentée par les négociations climatiques qui s’ouvrent ce dimanche, le manifeste avait déjà vieilli. Une mise à jour conséquente était nécessaire, selon Marc Jedliczka, porte-parole de l'association et co-auteur du manifeste. "On a pratiquement réécrit la moitié du texte", confie-t-il.  

En effet, en quelques années, le manifeste a fait école. L’intitulé de « transition énergétique », sous-titre du manifeste, ne faisait par exemple pas partie du vocabulaire politique en 2012. Il fait maintenant l’objet d’une loi.  

"L’inscription dans le marbre d’une loi de la République française du triptyque porté par NégaWatt - sobriété-efficacité-renouvelables - a un petit goût de révolution culturelle dans une France restée si longtemps figée", se félicitent les auteurs. Autre marqueur NégaWatt dans la loi : la réduction de moitié des consommations énergétiques d’ici 2050.  

 

Le seul scénario énergétique légal  

 

L’actualité énergétique semble en effet donner raison à l’association. On peut citer à titre d’exemple la pertinence de sa position sur les énergies renouvelables (voir en particulier le scénario 100 % renouvelable défendu par l'Ademe), ou bien celle concernant la marginalisation du nucléaire dans le monde, ou encore sur le vivier d’emplois lié à la transition énergétique .  

Les auteurs peuvent même se targuer du fait que le seul scénario de transition énergétique légal, c’est à dire qui permette d’atteindre le facteur 4 (division par quatre des énergies fossiles d’ici 2050), soit le scénario NégaWatt.  

 

La démonstration des collectivités locales   

 

Pour expliquer comment la transition énergétique s’est imposée en France, Marc Jedliczka insiste sur le rôle des collectivités locales : "Absentes du  Grenelle de l’environnement, elles défendent aujourd’hui une transition énergétique portée par les territoires et demandent à l’Etat de structurer leur démarche". Ces dernières années, des collectivités ont ainsi fait la démonstration de la pertinence tant économique qu’environnementale de la transition énergétique version NégaWatt (lire).  

 

Une politique publique centrée sur la sobriété  

 

Mais, les experts ne se réjouissent pas trop vite, la France de l’énergie restant à l’heure actuelle "dans un curieux entre-deux, à la fois téméraire sur le long terme et craintive à court terme, ambitieuse en paroles et frileuse en actes, innovante dans les territoires mais farouchement conservatrice à Paris". Une façon de ne pas choisir, comme le montre l’objectif d’une diminution de la production nucléaire à 50 % en 2025 mais sans plan de fermeture des réacteurs ou encore celui de réduire de moitié les consommations finales d'énergies en 2050, mais sans aucun scénario cohérent avec ce rythme...

Sur la sobriété énergétique justement, les experts de NégaWatt planchent actuellement sur une commande du gouvernement : que serait une politique publique centrée sur la sobriété ?  

 

Un nouveau scénario sur la planche  

 

Les experts de l’association planchent également sur la conversion d'électricité en gaz (Power to gas) qui permet de stocker l’électricité et donc de généraliser le recours aux énergies renouvelables. "Ce qui n'était qu'une intuition scientifique lors du premier manifeste NégaWatt fait aujourd'hui l'objet d'expérimentation par les industriels", souligne Marc Jedliczka à propos de la technique de méthanation, procédé industriel qui consiste à produire du méthane de synthèse.  

Fort de leur succès, les experts travaillent déjà à un nouveau scénario plus ambitieux en termes de réduction d’émissions. Ils répondent ainsi aux experts du climat qui visent une économie décarbonée pour stabiliser la concentration de CO2 dans l’atmosphère d’ici la fin du siècle.

Magali Reinert
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