Publié le 03 juillet 2008

ÉNERGIE

Le modèle vert écossais

En Ecosse, le gouvernement met en oeuvre sa feuille de route en faveur des emplois verts. Une stratégie qui porte ses fruits : 17,5 % de l'électricité écossaise sera produite en 2007 à partir de sources d'énergie renouvelable. Un objectif initialement prévu pour 2010.

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Les courants marins ont le vent en poupe

L'entreprise irlandaise OpenHydro, qui produit de l'énergie à partir des courants marins, est une pionnière : le Centre des énergies renouvelables britanniques (REC) vient de l'autoriser, début juin, à fournir ce type d'énergie au réseau national d'électricité. Une première qui enjoue le premier ministre écossais, Alex Salmond, fier d'abriter les turbines sur le site de Fall of Wanes, dans les îles Orcades. Au point de rebaptiser pour l'occasion le Pentland Firth, détroit qui sépare l'archipel de l'Ecosse, choisi pour la vélocité de ses courants marins (4m/s), « Arabie Saoudite de l'énergie des marées ». Pour Richard Simmons, directeur général du REC, l'engouement suscité par cette « source fiable d'approvisionnement en énergie» connaît néanmoins un bémol : son coût de plus de 44 millions de dollars.

Bénéficiaire de fonds structurels européens jusqu'en 2013, la province du Nord de la Grande-Bretagne mise sur l'éco-développement et les énergies renouvelables pour assurer son développement économique. Un programme d'orientation ébauché dès 2000, puis régulièrement réaffirmé et décliné dans les différents ministères du gouvernement local. Publié en juin 2005 à la suite d'une grande consultation publique, le rapport « Going for Green Growth » détaille les axes de cette stratégie et en précise les grandes étapes. Objectif global : imposer l'Ecosse comme un modèle européen de la « croissance verte ».

Communiquer sur des exemples existant

Le message de l'Exécutif Ecossais à destination de ses 5 millions d'administrés est sans équivoque : le développement durable représente une réelle opportunité, une source de compétitivité accrue. Qu'il s'agisse d'améliorer la productivité des industries existantes, à travers des investissements dans la performance des équipements ou des processus logistiques. Une gestion optimale des ressources à mener en amont comme en aval, des matières premières jusqu'aux déchets. Second défi souligné, tout aussi décisif, celui de soutenir l'émergence des technologies et marchés encore embryonnaires. Notamment dans les énergies renouvelables.

Comment dès lors accompagner au mieux les acteurs du tissu économique vers ces changements annoncés ? Tout d'abord par des campagnes d'information ciblées, généralistes ou spécialisées, sur les économies d'énergie, le recyclage des déchets... Chambres de commerce, syndicats, centres de recherche, conseillers spécialisés, municipalités ou simples citoyens, l'implication de chacun est requise. A une autre échelle, la promotion systématique des bonnes pratiques, sous forme de « cas pratiques» consultables en ligne, valorise les comportements exemplaires. Pensé public par public, mais aussi secteur par secteur, de l'industrie navale au tourisme ou l'agriculture biologique, le programme se veut intégrateur et générateur d'emplois.

Baisse des émissions de gaz à effet de serre

Doté d'une première enveloppe de 22 millions de livres (à peu près 33,5 millions d'euros) pour 3 ans, ce plan d'orientation à moyen et long terme se traduit par de nombreuses subventions. Des rallonges budgétaires destinées à étendre au plus grand nombre des initiatives comme, par exemple, la prise en charge des audits énergie pour toutes les entreprises. Mais aussi à financer des rapports d'études ciblées, sur la biomasse ou les centrales à hydrogène... Les projets ne manquent pas. Un état trimestriel est d'ailleurs produit, listant les objectifs atteints et ceux en cours. Il fixe, par exemple, à 30 %, en 2008, la part des déchets des communes recyclés et compostés.

En matière d'énergie renouvelable, les engagements pris pour 2010 -18 % d'électricité produite à partir d'énergie renouvelable - seront atteints dès la fin 2007. L'Ecosse prévoit, à cette date, de produire 10 % de son énergie électrique grâce à l'hydraulique et 7,5 % grâce à l'éolien.

Cette mobilisation nationale porte donc ses fruits. Les émissions écossaises de gaz à effet de serre ont d'ailleurs diminué de 16 % entre 1990 et 2004. Elles sont passées de 17,4 à 14,6 millions de tonnes, grâce à la fermeture, en 2003, de centrales thermiques à charbon mais aussi, incontestablement, à la place des énergies renouvelables.

Maxence Layet
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