Publié le 31 décembre 2017

ÉNERGIE

[LE CHIFFRE] Les objectifs solaires français nécessiteront de couvrir l'équivalent de trois fois la surface de Paris

Pour atteindre 10 % du mix énergétique à l’horizon 2028, le solaire a besoin d’espace. Entre 20 000 et 30 000 hectares sur un horizon à dix ans, selon les experts. Cela représente l’équivalent de 43 000 stades de football ou presque deux fois la forêt de Fontainebleau. Mais c'est seulement 0,001 % des friches, landes et maquis disponibles dans l’Hexagone.

Le solaire pourrait atteindre 10 % de la production électrique française en 2028 selon Enerplan.

"En France, on n’a pas encore enclenché la marche avant." Pour Daniel Bour, président d’Énerplan, le syndicat des professionnels du solaire, si le contexte est plus que favorable au développement de cette énergie, le gouvernement peine à suivre. "C’est impressionnant ce qu’il se passe : le solaire est désormais l’énergie préférée des Français, l’environnement est devenu très favorable et le secteur a gagné ses lettres de noblesse. Mais la France est en retard par rapport à ses collègues européens", explique-t-il lors d’une conférence de presse bilan, fin novembre.

À la veille de la révision de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), le syndicat a établi une série de recommandations destinées à l’exécutif. Parmi elles, un rehaussement de la part du solaire dans le mix électrique à l’horizon 2028. "Le solaire représente aujourd’hui 2 % de la production électrique, nous pourrions sans difficulté atteindre 10 % en 2028, et 20 % en 2035. Ce sont des objectifs ambitieux mais réalistes. Pour cela, il nous faut une feuille de route à dix ans", demande Daniel Bour.

43 000 stades de foot

Pour atteindre ces objectifs, il faudrait consacrer 2 000 hectares par an à l’installation de fermes solaires, sur des terres polluées ou délaissées et sans toucher, en tout cas, aux surfaces agricoles ou forestières, précise le syndicaliste. De son côté, EDF vient d’annoncer un plan solaire de 25 milliards d’euros pour installer 30 gigawatts de nouvelles capacités solaires d’ici 2035, soit l’équivalent de 43 000 stades de football.

Si cela peut paraître énorme, la surface nécessaire au développement du solaire ne représente en fait que 0,001 % des friches disponibles dans l’Hexagone. "La place n’est pas un enjeu, souligne Daniel Bour. Par contre il faut une simplification des procédures pour pouvoir aller plus vite." Il demande notamment à ce que les appels d’offre soient supprimés pour les projets de moins d’un mégawatt et qu’ils soient doublés (en volume) pour les autres dès 2018.

L’énergéticien EDF a prévu de mobiliser son propre patrimoine, comme les sites en cours de démantèlement ou les retenues d’eau des barrages hydrauliques. "Mais cela ne suffira pas", prévient son PDG Jean-Bernard Lévy. "Nous souhaitons travailler sur ce sujet avec les pouvoirs publics pour libérer le potentiel français" a-t-il indiqué.

Concepcion Alvarez @conce1


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