Publié le 20 juin 2018

ÉNERGIE

Éolien offshore : Emmanuel Macron maintient les six projets mais diminue le soutien public de 15 milliards d’euros

Les six premiers projets de parcs éoliens en mer français vont pouvoir se poursuivre mais l'État va réduire de 15 milliards d'euros le soutien public dont ils vont bénéficier, a annoncé le Président de la République. La filière se dit toutefois satisfaite de pouvoir continuer ces projets.

Eolienne Haliade de GE
@GE

Le gouvernement avait décidé de renégocier les financements publics accordés à ces parcs, attribués lors d'appels d'offres en 2012 et 2014, estimant qu'ils étaient trop élevés. En cas d'échec de ces négociations, le gouvernement menaçait d'annuler les résultats de ces appels d'offres, une option qui inquiétait les industriels et les élus locaux.

L'accord trouvé va permettre à l'Etat d'"économiser sur la période 15 milliards d'euros d'argent public", a déclaré Emmanuel Macron lors d'un déplacement à Plévenon (Côtes-d'Armor), près de la zone où l'un des parcs doit être construit.

Baisse rapide des coûts

Parmi les six parcs concernés, trois sont développés par EDF, au large de Fécamp (Seine-Maritime), Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) et Courseulles-sur-Mer (Calvados), deux par Engie au large du Tréport (Seine-Maritime) et de l'île de Noirmoutier (Loire-Atlantique), et un par l'espagnol Iberdrola, près de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor). Ils représentent chacun une puissance d'environ 500 mégawatts (MW) et doivent entrer en service progressivement à partir de 2021.

"La négociation a permis de diminuer de 40 % la subvention publique et d'avoir un ajustement des tarifs (de rachat de l'électricité qui sera produite par ces parcs) de 30 %", a détaillé le Président de la République, devant des industriels et des élus. Les tarifs accordés en 2012 et 2014 étaient compris entre 180 et 230 euros par mégawattheure produit, mais ces dernières années le coût de l'éolien en mer a fortement baissé en Europe, s'approchant à plusieurs reprises des 100 euros/MWh.

"Soulagement pour la filière. Et une excellente nouvelle pour la France qui va pouvoir valoriser son potentiel exceptionnel et accentuer son leadership mondial dans la transition énergétique", a réagi sur twitter la directrice générale des énergies renouvelables en France d'Engie, Gwenaëlle Huet.

 

7 000 emplois à créer

Même son de cloche du côté de Jean-Bernard Lévy, PDG d'EDF : "Nous nous réjouissons de la confirmation de nos trois projets dans des conditions qui permettent la création d’une filière industrielle nationale pour l’éolien en mer de près de 7000 emplois directs et indirects. Ces projets (...) permettront de couvrir l’équivalent de la consommation électrique de plus de 2 000 000 de personnes".

"C’est une très bonne nouvelle pour les territoires qui accueilleront les parcs, qui ont investi en vue de ces activités et qui s’étaient fortement mobilisés. Grâce à cette décision, la France va pouvoir jouer son rôle dans la dynamique mondiale des énergies marines renouvelables. L’ensemble des acteurs français sont prêts, depuis plusieurs années, à occuper une place de choix dans ces nouvelles filières énergétiques, qui devraient représenter près de 10 % de notre électricité en 2030", se félicite Jean-Louis BAL, Président du Syndicat des énergies renouvelables.

Disparition des industriels

La France possède le deuxième potentiel d’éolien offshore d’Europe. Pourtant, elle affiche beaucoup de retard dans son plan de déploiement de cette énergie renouvelable. Initialement, elle visait 6 000 MW installé au large des côtes françaises en 2020. Mais à cette date aucune pâle ne tournera encore.

En cause, d’une part, des oppositions locales qui ont mis beaucoup de temps à être écartées. D’autre part, les bouleversements intervenus chez les deux principaux fournisseurs de technologies. Alstom a été revendu à l’américain GE. Et Areva, avant d’être démantelé, a vendu ses activités éoliennes à l’Espagnol Gamesa, désormais dans le giron de l’Allemand Siemens.

Ludovic Dupin avec AFP


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