Publié le 16 mai 2018

ÉNERGIE

Statoil ne veut plus "pétrole" dans son nom et se rebaptise Equinor

À l’occasion de sa dernière Assemblée générale, le pétrolier Statoil a officialisé son changement de nom en Equinor. En éliminant "Oil" (pétrole en anglais) de son nom, la major, qui extrait plus de deux millions de barils par jour, veut souligner les efforts de l’entreprise pour se diversifier vers des énergies alternatives.

Statoil Equinor
Statoil change de nom pour montrer sa volonté de développer les énergies renouvelables.
@Statoil

La plus grosse compagnie pétrolière norvégienne Statoil est officiellement devenue Equinor mercredi 16 mai, un changement de nom censé refléter sa diversification dans les énergies renouvelables. Dans une vidéo postée sur Twitter, le pétrolier fait une ode au changement.

Proposé en mars et adopté mardi 15 mai lors de l'Assemblée générale des actionnaires, le changement permet au groupe d'estomper, au moins dans son appellation, sa dépendance à l'État norvégien (Stat) qui le détient à 67 % et au pétrole (oil).

 

Accélérer dans les renouvelables

Le nouveau nom est censé combiner l'idée d'équité et d'équilibre ("equi") et l'origine géographique ("nor" pour Norvège). Fondée en 1972 pour exploiter les importants gisements pétroliers de la Norvège, l'entreprise cotée à Oslo et New York est désormais présente dans les énergies renouvelables avec notamment des champs d'éoliennes en mer au large du Royaume-Uni.

Elle compte consacrer d'ici 2030 entre 15 et 20 % de ses investissements aux "nouvelles solutions énergétiques". Mais cette mutation a laissé de glace les défenseurs de l'environnement, qui accusent le groupe d'"éco-blanchiment".

"Le changement de nom de Statoil pour attirer de nouveaux talents ne sera pas suffisant aussi longtemps que #Equinor explorera des zones vulnérables telles que l'Arctique et la Grande Baie australienne", a tweeté le chef de Greenpeace Norvège, Truls Gulowsen.

Dans la foulée du fonds Norvégien

Dans ses résultats 2017, le pétrolier norvégien se réjouissait d’une hausse de production à 2,134 millions de barils équivalent pétrole par jour, contre 2,095 millions en 2016. Par ailleurs, son bilan affichait l’accomplissement de 28 explorations, qui ont conduit à 14 découvertes exploitables.

Fin 2017, c’était le Fonds Norvégien, le plus grand fonds souverain de la planète, qui annonçait sa volonté de prendre un peu de recul vis-à-vis de l’or noir... sur lequel il a pourtant bâti sa richesse. Dans une lettre au gouvernement, la banque centrale fait valoir qu'un désengagement du fonds du secteur pétro-gazier permettrait à la Norvège, principal producteur d'hydrocarbures d'Europe de l'Ouest, de réduire sa vulnérabilité face à une chute du cours du baril.

Ludovic Dupin avec AFP


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