Publié le 29 mai 2018

ÉNERGIE

Pétrole : Ryad et Moscou veulent augmenter la production pour enrayer la hausse des cours

Après une remontée spectaculaire des cours de l’or noir ces dernières semaines, stimulés par les tensions américano-iraniennes, l’OPEP et la Russie envisage d’ouvrir un peu plus leurs vannes pour stopper la flambée. Vladimir Poutine vise un baril à 60 dollars, alors que celui-ci est désormais au-dessus de 75 dollars.

Depuis 18 mois, Russie et Opep s'entendent sur des quotas de production pour ajuster les cours du baril.
@Lukoil

L'Arabie saoudite et la Russie, qui s'entendent depuis 2017 avec d'autres gros producteurs de pétrole pour limiter l'offre, se disent prêts à augmenter la production de pétrole dès cet été, alors que les prix sont remontés récemment à leurs plus hauts niveaux depuis 2014.

L'idée d'un relâchement de l'offre a entraîné un brusque repli des prix, qui reculaient aux alentours de 75 dollars, après avoir dépassé les 80 dollars. Cité par les agences russes lors d'un forum économique à Saint-Pétersbourg, le ministre saoudien de l'Energie, Khaled al-Faleh, a jugé que les pays producteurs auront "bientôt la possibilité de libérer l'offre".

"Comme nous l'avons toujours dit, le retour du pétrole sur le marché doit se faire progressivement. Nous ne le ferons pas rapidement. Cela interviendra probablement au deuxième semestre de cette année", a-t-il ajouté.

Un baril à 60 dollars

"Si nous arrivons à l'idée commune qu'il est indispensable d'assouplir le niveau (de production, ndlr), cela doit se faire à partir du troisième trimestre", confirme le ministre russe, Alexandre Novak. "Nous n'avons pas intérêt à une hausse des prix sans fin, 60 dollars nous convient", a expliqué le Président russe, Vladimir Poutine, lors du Forum économique de Saint-Pétersbourg. Il ajouté que des prix supérieurs pouvaient "créer des problèmes pour les pays consommateurs", affecter l'économie mondiale et favoriser les concurrents de la Russie tels les producteurs de pétrole de schiste aux États-Unis.

Du côté des États-Unis, Donald Trump va considérer cette décision Opep-Russie comme un succès. Il y a un mois, le Président américain, vigilant à la santé se son industrie pétrolière, avait mis en garde le cartel et Moscou : "Les prix du pétrole sont artificiellement très élevés ! Ce n’est pas bon et cela ne sera pas accepté !".

Une assertion audacieuse alors que la récente remontée du prix est, entre autres, liée à la décision des États-Unis de se retirer de l’Accord sur le nucléaire iranien. Une haute raison à ces prix soutenus est la demande croissante de pétrole. Selon l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE), la demande de pétrole va croître de 1,3 million de barils par jour en 2018 pour atteindre 99,1 millions de barils par jour en moyenne.

Ludovic Dupin avec AFP


© 2020 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

ÉNERGIE

Energies fossiles

L’extraction des énergies fossiles se fait à un coût environnemental de plus en plus élevé. Si leur épuisement est encore lointain, les modèles économiques qui ont fait la fortune des grandes compagnies pétrolières sont aujourd’hui bousculés.

LNG Boat Shell

Shell va déprécier jusqu’à 22 milliards de dollars d’actifs pétroliers

Quelques semaines après BP, c’est au tour de la major Shell de faire l’opération vérité sur son état. Le groupe vient ainsi d’annoncer une dépréciation d’actifs de 15 à 22 milliards de dollars. Comme l’ensemble des pétroliers, la période d’arrêt économique internationale a pesé très lourd sur la...

Petrole de schiste ETats Unis Californie DavidMcNews GettyImage AFP

L’Europe va rapidement devoir se sevrer du pétrole (et pas seulement pour des raisons climatiques)

Une nouvelle étude du Shift Project alerte sur le manque de pétrole qui pourrait frapper l'Union européenne d'ici 2030. Le think tank recommande d'accélérer la sortie des énergies fossiles et la transition énergétique, au risque sinon d'être rattrapé par une autre crise, non plus climatique mais...

Pipeline BP en Azerbadjian

BP déprécie 17,5 milliards de dollars d’actifs afin de refléter la réalité du marché pétrolier

Le pétrole cher ne reviendra pas, la demande pétrolière va se réduire et la taxe carbone va peser lourd sur les prix. Voici ce qu’il faut comprendre de la dernière annonce du pétrolier BP qui revoit la valeur de son portefeuille d’actifs pour l’aligner sur l’état du marché pétrolier durement touché...

Forage petrolier BP en Egypte sur le champs de Maersk

Face aux difficultés du secteur pétrolier, le géant BP annonce la suppression de 10 000 emplois

Au premier trimestre, le pétrolier BP a perdu plus de quatre milliards de dollars. L’effondrement de la demande pendant la crise sanitaire et l’effondrement des cours a mis à mal tout le secteur. Chez le pétrolier BP, c’est un plan drastique qui a été annoncé. L’entreprise va se séparer de 10 000 de...