Publié le 23 avril 2018

ÉNERGIE

La banque HSBC exclut à son tour les projets de centrales à charbon, de sable bitumineux et de forages en Arctique

Les institutions bancaires sont de plus en plus nombreuses à prendre des engagements contre les énergies fossiles les plus néfastes pour l'environnement. Cette fois, c'est le britannique HSBC qui élargit son exclusion des projets de centrales à charbon, mais aussi de sables bitumineux et de forages en Arctique. En 2017, ces trois secteurs ont représenté 6,3 milliards de dollars de financements.

Les ONG classent HSBC 7e parmi les pires banques au monde concernant le climat.
@HSBC

Signe que les investisseurs prennent de plus en plus en compte le risque climat, lors de son Assemblée générale, la banque HSBC a annoncé ses nouveaux engagements verts. La plus grande banque européenne va davantage exclure le charbon de son portefeuille, ainsi que les sables bitumineux et les forages en Arctique.

Bangladesh, Vietnam et Indonésie, cas d’exception

Depuis 2011, HSBC avait cessé de financer les projets de centrales à charbon dans 78 pays développés. Désormais cette exclusion concerne tous les pays exceptés le Bangladesh, le Vietnam et l’Indonésie. "Il y a un nombre très important de gens dans ces trois pays qui n'ont pas accès à la moindre électricité", se justifie John Flint, directeur général de HSBC.

Il s’agit de permettre à ces pays de prendre le virage de la transition énergétique en douceur tout en répondant à la forte demande en électricité. L’exception vaut pour cinq ans et devra faire l’objet d’une expertise indépendante qui conclura à l’absence d’alternative au charbon.

Top 10 des pires banques au monde

La banque britannique va également exclure de son portefeuille les entreprises trop dépendantes des sables bitumineux et s’interdira de financer tout nouveau projet lié aux sables bitumineux, pipelines inclus, et de forage en Arctique.

Selon le rapport Banking on climate change (1), publié fin mars par plusieurs ONG, HSBC fait partie du Top 10 des pires banques au monde sur le sujet du climat. Entre 2015 et 2017, elle a ainsi investi plus de 14,3 milliards de dollars dans des projets liés aux fossiles dont 2,5 milliards dans le charbon, près de 4 milliards dans les sables bitumineux, mais surtout 7,5 milliards de dollars dans les forages en eaux profondes et les GNL (gaz naturel liquéfié). Deux secteurs qui ne sont pour l’instant pas concernés par les exclusions.  

Concepcion Alvarez, @conce1

(1) Voir le rapport


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