Publié le 04 février 2019

ÉNERGIE

Forage pétrolier de Total en Guyane : la justice rejette le recours des associations environnementales

Engagé depuis plusieurs années sur l’exploration pétrolière en Guyane, Total a fait l’objet d’un recours pour empêcher la réalisation d’un nouveau puits sur son permis maritime. Le recours de sept ONG contre ce projet vient d’être rejeté par la justice.

Plateforme pétrolière de Total au Gabon. Le pétrolier espère développer une activité de production en Guyane.
@Total

Total peut continuer à effectuer des forages de recherches en Guyane : le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté les référés-suspension de sept associations de défense de l'environnement contre son permis et l'arrêté qui l'y autorisait.

Un recours sur le fond doit être jugé dans quelques mois devant le même tribunal, a indiqué Juliette Renaud, des Amis de la Terre, à l'AFP. "Les forages exploratoires de Total vont continuer dans les prochains mois, mais cela ne signifie aucunement que Total a carte blanche en Guyane. La mobilisation contre les projets pétroliers au large de la Guyane ne fait que commencer, et les associations entendent continuer leurs actions et les procédures juridiques", annoncent dans un communiqué commun Greenpeace France, Guyane Nature Environnement, Nature Rights, Sea Shepherd France, Surfrider Europe et ZEA et les Amis de la Terre France.

Une zone inexplorée

Greenpeace France a assuré sur Twitter que "la mobilisation citoyenne contre les projets climaticides ne s'essoufflera pas". Les sept associations avaient déposé en décembre un recours dénonçant l'absence de saisine de la Commission nationale du débat public (CNDP) sur les forages "qui a pourtant rappelé qu'elle était obligatoire".

Total a obtenu fin octobre l'arrêté préfectoral lui permettant de commencer une nouvelle campagne de forages d'exploration au large de la Guyane. Le géant pétrolier français s'était engagé en décembre à ce que la campagne de forage se déroule en toute "transparence". L’entreprise française vise, actuellement, à réaliser le forage d'un puits d'exploration dans la partie centrale du permis Guyane. Une zone qui n’a pas encore été explorée.

Cinq forages ont déjà eu lieu dans la partie sud-est des eaux guyanaises et tous se sont révélés infructueux. Les conditions d’exploitation ont été jugées non rentables par les industriels. Pourtant, des études géologiques imaginaient jusqu’à un milliard de barils dans la zone, chiffre conforté par les riches ressources voisines au Suriname et au Brésil.

10 ans de débat

Alors que cet enjeu est dans le débat public depuis presque 10 ans, ce nouveau projet a donné lieu à une enquête publique réunissant 7 183 avis. 7 173 avis s'étaient montrés défavorables pour 8 avis non définis et 2 favorables. La commission d'enquête a émis un avis favorable avec néanmoins trois recommandations : "remettre en activité la Commission de Suivi et de Concertation (CSC) sur le pétrole en Guyane", "établir un cahier des charges spécifique sur les procédures de rejet des boues dans l'océan et le traitement des boues toxiques" et "mettre en œuvre un contrôle effectif par l'autorité publique de ces rejets".

La CTG, favorable aux travaux, rappelle que la signature de cet arrêté permet de concrétiser un accord de partenariat avec "le groupe pétrolier qui fixe la mobilisation de 10 millions d'euros par ce dernier au profit de l'économie locale", accord qui était subordonné "à l'autorisation du projet de forage".

La France n'a jamais été grand producteur : 815 000 tonnes de pétrole par an, essentiellement dans les bassins parisien et aquitain, soit 1 % de la consommation nationale. Pour le gaz, le pays produit environ 2 % de ses besoins. Par ailleurs, le pays a prévu de mettre fin à toute exploitation d’énergies fossiles sur son territoire en 2040.

Ludovic Dupin avec AFP


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