Publié le 09 juin 2020

ÉNERGIE

Face aux difficultés du secteur pétrolier, le géant BP annonce la suppression de 10 000 emplois

Au premier trimestre, le pétrolier BP a perdu plus de quatre milliards de dollars. L’effondrement de la demande pendant la crise sanitaire et l’effondrement des cours a mis à mal tout le secteur. Chez le pétrolier BP, c’est un plan drastique qui a été annoncé. L’entreprise va se séparer de 10 000 de ses 70 000 salariés.

Forage petrolier BP en Egypte sur le champs de Maersk
Forage pétrolier de BP en mer au large de l'Égypte.
@BP

Le géant pétrolier britannique BP a annoncé lundi 8 juin la suppression de 10 000 emplois dans le monde, soit 15 % de ses effectifs, pour s'adapter à un marché pétrolier frappé par la crise sanitaire et la chute des prix de l'or noir. La majorité de ces suppressions de postes interviendra d'ici la fin de l'année et concernera principalement des salariés dans les fonctions administratives, précise le groupe dans un communiqué.

La répartition géographique des suppressions d'emplois n'a pas été dévoilée, mais elles pourraient concerner 2 000 personnes au Royaume-Uni où le groupe emploie 15 000 personnes, a précisé à l'AFP une source proche du dossier. La hiérarchie ne sera pas épargnée puisque BP va réduire d'un tiers le nombre de hauts dirigeants, au nombre de 400 pour l'instant.

Moins dépendant au pétrole

Ces annonces ont été faites par le directeur général Bernard Looney lors d'une conférence en ligne destinée au personnel de BP, qui compte 70 000 salariés. "Ce sont de difficiles décisions à prendre", a souligné le patron dans un e-mail aux salariés. "Mais nous devons faire ce qui est bon pour BP" et "cela nous aidera à être plus performants", a-t-il ajouté. En dehors des suppressions de postes, BP a décidé de ne pas procéder à des augmentations de salaires en 2020 pour les salariés avec le plus d'ancienneté. Pour les autres, elles sont reportées de quelques mois.

Le plan stratégique annoncé en février prévoyait déjà de constituer un groupe moins grand afin de pouvoir assurer un avenir moins dépendant des énergies fossiles. Le groupe s'est engagé à atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. Mais la crise sanitaire a tout changé et a poussé BP à prendre des mesures radicales. Les cours du pétrole ont plongé depuis mars bien en dessous du seuil de rentabilité de BP, face à une demande déprimée par l'arrêt de l'activité pendant les confinements.

BP avait déjà annoncé début avril une baisse drastique de 25 % de ses dépenses d'investissements et un programme d'économies de 2,5 milliards de dollars en 2021, qui devrait même être renforcé. Mais contrairement à son concurrent Royal Dutch Shell, le groupe a décidé de maintenir son dividende, se privant de ce fait de marges de manœuvre financières. En raison de la chute des cours du pétrole, BP avait essuyé une énorme perte de 4,4 milliards de dollars au premier trimestre.

La Rédaction avec AFP


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