Publié le 01 avril 2019

ÉNERGIE

Et l’entreprise la plus rentable au monde en 2018 est… le pétrolier Saudi Aramco

111,1 milliards de dollars, tels sont les bénéfices enregistrés par le plus grand pétrolier de la planète en 2018, Saudi Aramco. Soit un tiers de plus que les autres grands pétroliers cumulés ! La plus grande entreprise d’Arabie Saoudite a pour la première fois ouvert ses comptes aux agences de notation pour pouvoir lever des fonds auprès des investisseurs.

Champs de gaz de Shaybah en Arabie Saoudite.
@SaudiAramco

Saudi Aramco a dégagé un bénéfice net de 111,1 milliards de dollars en 2018, affirme Moody's dans une note. Ce montant dépasse de près d'un tiers le bénéfice cumulé des cinq majors mondiales : les américaines ExxonMobil et Chevron, la britannique BP, l'anglo-néerlandaise Royal Dutch Shell et la française Total. C’est même 50 milliards de plus qu’un autre géant planétaire, Apple, qui a engendré 59,3 milliards de dollars l’an passé.

Pour la première fois depuis sa nationalisation dans les années 1970, le géant public, dont le chiffre d’affaires s'est élevé à 359,9 milliards de dollars en 2018, a dû ouvrir ses comptes pour pouvoir réaliser une émission obligataire, rapporte l’AFP. Cette émission est destinée à financer une partie de l'acquisition de 70 % du groupe de pétrochimie SABIC pour 69,1 milliards de dollars auprès du Fonds public d'investissement saoudien (PIF), le fonds souverain du royaume.

L'opération doit permettre d'apporter des liquidités pour financer l'ambitieux programme de diversification de l'économie du pays voulue par le prince héritier Mohamed ben Salmane (MBS). Le royaume Wahabite, dont toute l’économie repose sur son pétrole, veut développer un vaste programme solaire et nucléaire. Le premier pan pourrait représenter un investissement de 200 milliards de dollars.

Introduction en bourse

"L'émission d'obligations internationales par Aramco va être un événement historique", estime M.R. Raghu, chef de la recherche au Kuwait Financial Centre. Elle va, selon lui, servir à tester l'intérêt des investisseurs avant une éventuelle introduction en bourse du géant saoudien. Cette introduction est en souffrance depuis plusieurs années. Londres a longtemps tenu la corde pour obtenir la capitalisation d’un groupe estimé à 2 000 milliards de dollars.

Il s’agissait alors d’introduire 5 % en Bourse, soit environ 100 milliards de dollars. Prête à tordre ses règles de bonne gouvernance, la place britannique avait fait un pont d’or avant de se rétracter. Puis, ces derniers mois, c'est le prince héritier qui a refroidi es investisseurs avec la purge lancée dans le cadre de sa campagne anticorruption et l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi au consulat saoudien d'Istanbul.

Saudi Aramco n’en reste pas moins assis sur un trésor qui doit aujourd’hui faire face à la transition énergétique mondiale. La production d'Aramco était de 10,3 millions de barils par jour en 2018, soit 1,7 million de moins que sa capacité de production maximum, selon Fitch. Ses réserves prouvées de pétrole s'élèvent à 227 milliards de barils et ses réserves d'hydrocarbures (gaz et pétrole) à 257 milliards de barils équivalent pétrole, soit 52 ans de production, selon Fitch.

Ludovic Dupin @LudovicDupin


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