Publié le 02 avril 2014

ÉNERGIE

Coup de frein sur les énergies fossiles : Exxon écarte le risque carbone

Une hypothèse «extrêmement improbable». C'est ainsi qu'Exxon juge le « risque » que les gouvernements s'engagent sur la voie d'une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre. La première compagnie pétrolière mondiale n'a donc aucune inquiétude sur la valeur de ses réserves, même les plus coûteuses à exploiter ou les plus décriées sur le plan environnemental.

C'est un rapport long d'une trentaine de pages. Son titre : « Energie et carbone: gérer les risques ». 30 pages, publiées sur le site Internet de la firme qui balayent l'hypothèse d'une baisse de la consommation des énergies fossiles pour les 25 prochaines années.

Face à la croissance de la population mondiale, et des besoins en énergie, « toutes les réserves actuelles d'Exxon Mobil seront utiles », estime la compagnie pétrolière et « nous pensons qu'aucune de nos réserves d'hydrocarbures n'ont perdu ou perdront de leur valeur ».

Les actionnaires qui avaient fait pression pour qu'Exxon analyse de manière détaillée les conséquences pour l'entreprise d'un scénario « bas carbone » en sont donc pour leur frais.

Mais ils ne regrettent pas la démarche, explique Natasha Lamb, du gestionnaire de patrimoine Arjuna Fund qui a coordonné la pression sur Exxon avec l'ONG As you sow (Ce que tu auras semé).

Le simple fait qu'Exxon ait été contraint de s'exprimer publiquement et en détail sur le risque carbone, « est un grand pas en avant », explique-t-elle.

« Maintenant, tous les investisseurs peuvent voir qu'Exxon n'est pas préparé à un scénario bas carbone, le pire risque pour ses actifs, et en tirer toutes les conclusions, indique-t-elle. Nous allons continuer le dialogue avec Exxon (...) qui doit devenir une entreprise énergétique du 21ème siècle, en désinvestissant les ressources fossiles et en investissant dans des énergies renouvelables. Ou alors il faut qu'Exxon rende de l'argent aux actionnaires », ajoute-t-elle.

Exxon n'est pas la seule entreprise énergétique à avoir été visée. La démarche d'Arjuna Fund et d'As you sow fait partie d'une campagne sur le «risque carbone» menée par Carbon tracker, une ONG britannique, et le Ceres, une coalition américaine d'ONG, de caisses de retraites et d'investisseurs durables, qui affirment ensemble peser près de 3.000 milliards d dollars d'investissements financiers.

Bertrand Stocker
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