Publié le 03 novembre 2017

ÉNERGIE

COP23 : Les banques ont accru leurs financements aux sables bitumineux en 2017

Sur les 9 premiers mois de l’année, les banques ont accru leurs financements de 50 % pour l’exploitation des sables bitumineux par rapport à 2016. Les ONG appellent à suivre l’exemple de BNP Paribas qui a annoncé le désinvestissement complet des énergies fossiles non conventionnelles. 

Sables bituminieux Canada Suncor MARK RALSTON AFP
L'exploitation des sables bitumineux fait partie des activités du secteur pétroliers les plus émettrices de gaz à effet de serre.
Mark Ralston/AFP

Trente-trois grandes banques ont accordé "plus de 115 milliards de dollars de financement" à des entreprises actives dans la production et le transport de sables bitumineux entre 2014 et fin septembre 2017, déplorent jeudi une douzaine d'ONG.

Les financements qu'elles ont accordés à ce secteur sur les trois premiers trimestres de 2017 "sont déjà 50 % supérieurs à ceux engagés en 2016", affirment-elles dans un rapport publié à quelques jours de la 23e conférence de l'ONU sur le changement climatique, la COP23, qui s'ouvre lundi à Bonn.

Les sables bitumineux sont décriés pour le coût économique et environnemental de leur extraction. Présent sous forme sablonneuse dans le sous-sol, le pétrole est produit au terme d'un long processus polluant et énergivore.

Banktrack, Rainforest Action Network, Les Amis de la Terre France…

"Beaucoup de grandes banques" avaient pourtant "exprimé leur soutien" à l'accord de Paris par lequel la communauté internationale s'est engagée à limiter à 2°C la hausse de la température mondiale par rapport à l'ère pré-industrielle, rappellent les ONG.

Mais malgré ce soutien affiché, elles "continuent de financer le secteur des sables bitumineux à des niveaux bien supérieurs à ceux nécessaires pour respecter l'objectif climatique de 1,5°C à 2°C", ajoutent-elles. Banktrack, Rainforest Action Network, Les Amis de la Terre France, Oil Change International figurent parmi les signataires du rapport.

Sans surprise, les quatre banques les plus impliquées sont canadiennes (TD, RBS, CIBC, Bank of Montreal), ce pays étant engagé dans l'exploitation de sables bitumineux dans l'ouest de son territoire. Elles sont suivies par des banques américaines et britanniques.

Suivre l'exemple de BNP Paribas

Les sables bitumineux sont "très émetteurs de gaz à effet de serre, extrêmement coûteux à produire et difficilement reliés aux marchés", rappellent les ONG. Ils font aussi "partie des énergies fossiles les plus dévastatrices pour le climat et les populations autochtones", accusent-elles.

Sur les 33 banques citées, "seules cinq ont commencé à restreindre certains financements aux projets de sables bitumineux et seules trois ont également pris des engagements portant sur les entreprises du secteur", affirme le rapport.

Les ONG appellent les grandes banques privées toujours impliquées dans le financement des sables bitumineux à suivre l'exemple de BNP Paribas et d'ING, "seules banques internationales à avoir adopté des politiques d'exclusion portant non seulement sur les projets mais aussi sur les entreprises du secteur".

La Rédaction avec AFP


© 2021 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

ÉNERGIE

Energies fossiles

L’extraction des énergies fossiles se fait à un coût environnemental de plus en plus élevé. Si leur épuisement est encore lointain, les modèles économiques qui ont fait la fortune des grandes compagnies pétrolières sont aujourd’hui bousculés.

IStock kruwt centrale charbon RWE allemagne

Une pétition appelle l’Europe à sortir du Traité sur la charte de l’énergie qui "protège les pollueurs"

Plusieurs organisations lancent une pétition pour demander la sortie collective de l'Union européenne du Traité de la Charte Energie (TCE). Un traité peu connu, qui pour les ONG et la nouvelle enquête publiée par le collectif de journaliste Investigate Europe freine la transition énergétique en...

2021 : difficile clap de fin pour le charbon en France

Conformément à la promesse de campagne d'Emmanuel Macron, les quatre dernières centrales à charbon françaises doivent fermer leurs portes d’ici la fin de l’année, sur fond d’exception à Cordemais et de projets de transition contestés ailleurs. En outre, le gestionnaire du réseau électrique RTE a...

080 HL FVANNIER AFP

Raffinage : la transformation verte de Grandpuits ne plaît ni aux salariés, ni aux écologistes

Raffineurs, syndicats et ONG se sont mobilisés contre le projet de Total de reconvertir la raffinerie de Grandpuits, en Ile-de-France, en plateforme "zéro pétrole". Du greenwashing pour les écologistes. Le manque de compétitivité et les impératifs de réduction de gaz à effet de serre dressent...

Shell neutralite carbone 2050

Shell annonce que son pic de production de pétrole est dépassé

Le temps est au changement pour nombre de pétroliers. Après que Total ait décidé de changer de nom pour traduire la diversification de son mix, Shell annonce une réduction de sa production de pétrole et de son intensité carbone. Il y a bien un avant et un après Covid pour Shell. La principale...