Publié le 28 avril 2017

ÉNERGIE

AXA accélère son retrait du charbon… mais peut mieux faire

L’assureur étend sa politique de désinvestissement du charbon aux comptes de tiers. AXA Investment Managers (Axa IM), sa filiale de gestion d’actifs, annonce qu’elle va se désengager des entreprises tirant plus de 50% de leur chiffre d’affaires du charbon. Jusqu’à présent, seuls les fonds propres d’Axa étaient concernés. Mais pour l’ONG Les Amis de la Terre, si cette annonce va dans le bon sens, le seuil devrait être encore abaissé.


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En amont de la COP21, Axa avait été un précurseur en devenant l’un des premiers assureurs à désinvestir des entreprises trop dépendantes du charbon, un effort à un demi-milliard d’euros . Aujourd’hui, le groupe va plus loin et étend sa politique d’exclusion à la gestion d’actifs pour compte de tiers.

Sa filiale Axa IM explique, dans un communiqué publié mardi 25 avril, qu’elle va réduire son investissement dans les entreprises dont le chiffre d’affaires est exposé à plus de 50% au charbon, à compter du 30 juin prochain. Cela représente un montant total de 177 millions d’euros. Ceux-ci viennent s’ajouter aux 500 millions d’euros désinvestis des fossiles sur fonds propres depuis deux ans.

"Nous saluons cette mesure qui constitue une première parmi les grandes sociétés d’assurance au monde, mais nous déplorons qu’elle ne s’applique qu’à AXA IM et non à AllianceBernstein, l’autre filiale de gestion d’actifs d’AXA qui gère pourtant 41% des encours du groupe", réagit Lucie Pinson, chargée de campagne Finance privée aux Amis de la Terre France.

 

Axa, 2e investisseur européen dans les fossiles

 

L’ONG a par ailleurs interpellé l’assureur sur ses critères de désinvestissement lors de son assemblée générale, qui s’est tenue mercredi 26 avril. Elle préconise que le seuil de 50 % retenu soit abaissé à 30 % (seuil choisi par exemple par Allianz pour un désinvestissement de 4 milliards de dollars) et qu’il soit calculé sur la production générée à partir de charbon et non sur le chiffre d’affaires des entreprises.

"Avec un charbon de moins en moins rentable, de nombreuses entreprises produisent plus de 50 % de leur électricité à base de charbon, sans que cela dépasse la moitié de leur chiffre d’affaires", poursuit Lucie Pinson. Denis Duverne, président du conseil d’administration d’Axa, a répondu que pour les entreprises exposées à moins de 50% au charbon, le groupe privilégiait la mise en place d’"une politique d’engagement avec elles pour comprendre la direction dans laquelle elles souhaitent aller et pour les inviter à réduire leur recours au charbon. Cela nous paraît plus efficace que l’abaissement du seuil", a-t-il ajouté. Selon un porte-parole d’Axa, il n’est toutefois pas impossible que le seuil évolue dans les années à venir, "la discussion étant ouverte avec les ONG".

Dans une note  publiée à l’occasion de l’Assemblée générale d’Axa, réalisée avec le cabinet néerlandais Profundo, Les Amis de la Terre calculent que le géant de l’assurance est le deuxième investisseur européen dans les énergies fossiles avec environ 34 milliards de dollars d’investissements. En 2016, Axa a notamment investi plus de 246 millions d’euros dans les 120 entreprises les plus agressives en termes de développement de nouvelles capacités charbon.

Pour en savoir plus : voir la formation de Novethic sur PÉTROLE, GAZ, CHARBON : DES MODÈLES ÉCONOMIQUES À HAUT RISQUE

Concepcion Alvarez
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